Juste avant les premiers pas
Presque chaque jeudi soir, nous gardons Samuel et Thomas. Nous avons convaincu Mathieu et Michèle qu’ils pouvaient compter sur nous et prendre, une fois par semaine, du temps pour eux. Il y a plusieurs années, Maman nous avait fait le même coup. Nous savons maintenant que cette offre n’était pas aussi altruiste qu’elle y paraissait. Nous avons un très grand plaisir à passer du temps avec les jumeaux et pendant une soirée, à partager leur découverte du monde. Pour être sûrs que Mathieu et Michèle ne nous congédient pas, nous leur laissons aussi une partie de notre souper et nous nous assurons que la cuisine est bien propre.
Ça aussi maman l’avait fait avec nous. On doit être en train de faire vivre un héritage.
Samuel et Thomas rampent et grimpent, se mettant debout en s’appuyant sur tout ce qui les entoure. L’époque est déjà terminée où on pouvait les installer quelque part, se retourner pour ramasser ou ranger quelque chose, ramener les yeux vers eux ET QU’ILS SOIENT ENCORE À CET ENDROIT. Ce qu’il y a de particulier avec le fait qu’ils soient deux bébés du même âge à apprendre les mêmes choses est l’émulation. L’un fait quelque chose et l’autre le regarde et essaie aussi. Le partage des jouets est vraiment un phénomène. L’intérêt d’un des deux pour un objet rend automatiquement cet objet essentiel… pour l’autre. Pas encore de chicane à gérer, mais dans une soirée, on utilise plusieurs jouets différents!
Petit truc : une boîte d’œufs vide en carton se déchire facilement en deux. Vous mettez dans chacune des moitiés des jouets différents et vous les donnez à chacun des garçons. Vous venez d’accaparer leur intérêt pour … quelques minutes.
On croyait, l’autre soir, que leur développement moteur à huit mois était un peu en avance sur leur âge. Pour illustrer l’article de cette semaine, j’ai donc cherché dans mes archives personnelles une photo de moi dans une position un peu semblable. C’est le mieux que j’ai trouvé. Force est d’admettre qu’à l’époque, même bébé, on était beaucoup trop sérieux:

À l’endos de cette photo, mon père avait écrit : Yvan Deslauriers, 7 mois.
Je suis incapable toutefois de dire à quel âge je me suis mis à grimper ou à faire mes premiers pas.
Yvan
P.S. En comparant ces photos, on remarque aussi l’évolution des postes de télévision et des jouets pour bébés!