Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 7 juillet 2014

232 grands kilomètres de petits bonheurs

Depuis cinq ans, mes lundis matins de lendemain de Cyclo-défi sont marqués par un silence et une tranquillité contrastants avec l’effervescence et l’énergie des deux derniers jours.  À nouveau,  je peux revoir tout doucement les moments forts de ce week-end.

En cinq ans, c’est a première fois que je prenais le temps d’accompagner mon amoureux et son équipe le long du parcours. J’écris « prendre le temps », parce que je réalise que les années précédentes, je consacrais une partie de cette fin de semaine à des obligations domestiques et liées au travail… Cette année, le mot « obligations » a pris un sens différent et pas mal moins de place! Profitons-en…

Pour plusieurs rouleurs de l’Équipe du Pépère à vélo, la nuit de vendredi à samedi a été parsemée alternativement de moments de sommeil agité et d’agitations ensommeillées.  Loin de nous les derniers mois, marqués par le défi important du financement; il y a maintenant devant nous 232 kilomètres de route teintés de la petite incertitude de pouvoir se rendre au bout.  Et pourtant les victoires sont déjà nombreuses:  élimination de la cigarette, perte importante de poids, acclimatation à une activité physique différente, technique d’utilisation des pédales « à clip », nouvelles amitiés, récupération presque miraculeuse d’une chirurgie importante.  C’est avec toutes ces histoires que nous nous réunissons avec fébrilité et fierté dans notre radieux maillot dessiné par Martine, l’une des Châtelaines de Monsabré.  L’autre Châtelaine, Julie, de son périple sur les Chemins de Compostelle, nous a même envoyé une chanson d’équipe que nous chanterons avec enthousiasme et maladresse, juste avant le départ:

Chanson pour le Cyclo-défi de mon beau-frère Yvan et sa super équipe,

par Julie Lalande, 30-06-14 

(Sur l’air de la chanson de Stéphane Venne)
Et c’est pas fini, c’est rien qu’un début,
Le vrai soleil on l’a pas encore vu.
Et jusqu’aujourd’hui, on n’a rien vécu,
La grande extase on l’a pas encore eue.
Non c’est pas fini, c’est rien qu’un début,
Mais c’est le plus beau des commencements han han, han han, han han, han han han!) 
 

On change les paroles pour :

« On va y’arriver, c’ est presque gagné,
Pour la recherche nous autres, on va aider.
Pis pendant deux jours, on va pédaler,
Jusqu’à Québec rien n’peut nous arrêter.
On va y’arriver, c’ est presque gagné,
On est l’équipe du pépère à vélo, oo, oo, ooo! »
 
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Je n’ai pas l’impression qu’on aura des droits d’auteur à payer à M. Venne, mais sûrement une bonne bouteille aux sœurs Lalande!

Nous serons 1 468 cyclistes cette année ayant recueilli 5,3M$.  Il me semble que ces deux chiffres sont un peu plus modestes que ceux des années passées.  C’est tout de même une réalisation fantastique.  C’est un peu comme être triste qu’Eugenie Bouchard ait perdu… en finale de Wimbleton!!!  Plusieurs membres de nos familles respectives sont venus nous souhaiter bonne route, le soleil est beau et pas trop chaud, le vent, très présent, nous poussera.  Après cette partie de la cérémonie d’ouverture (toujours émouvante), où un vélo sans cycliste représentant les personnes décédées du cancer est escorté par quatre personnes vers la ligne de départ, nous pouvons enfin commencer à rouler. 

Le départ d’un Cyclo-défi est souvent un peu déroutant: 1 500 vélos qui démarrent en même temps impliquent un début en petite vitesse (entre 15 et 20 km/h) pendant plusieurs minutes.  S’étant beaucoup entraînés autour de 25 km/h, le contraste est frappant.  Suzanne provoque le premier rire de la journée en déclarant, toute joyeuse:  « J’aime bien rouler à cette vitesse !!! ».  Le petit train-train de la route de la première journée s’installe.  Grâce à notre entraînement, nous connaissons bien cette route entre Montréal et Trois-Rivières.  Les doutes de la nuit précédente s’estompent, le vent est bon, notre vitesse augmente sans qu’on ait à pousser outre mesure.  Le « clan » Baril, mené par la tante Céline (portant fièrement le maillot de l’équipe) et la mère de Carole, Francine, apparaissent régulièrement avec des encouragements nourris et bruyants.   

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À Trois-Rivières, Marie, ma blonde/maîtresse et Françoise, la conjointe du Baroudeur Italien (elle-même, la marathonienne d’Anjou) se joignent à nos fans.  Notre première journée a été tout simplement merveilleuse et elle se poursuit.  Pause rafraîchissante dans la piscine du gite où plusieurs d’entre nous logeons (le gîte St-Laurent à Trois-Rivières ouest; René et Yolande sont des hôtes merveilleux) et souper « gaulois » sur le site d’accueil du Cyclo-défi.  Les deux Dominique se lancent sur le plancher de danse sur un air endiablé des années ’70.  On se retire avec le soleil qui se couche dans un grand soupir de satisfaction.

Il a plu pendant la nuit, la chaussée est détrempée.  Suzanne et surtout Dominque D. appréhendent cette deuxième journée, avec ses nombreuses côtes dans les derniers 40 km.  Daniel, le grand frère de tous, les rassure.  La journée commence sous imperméable mais après quelques minutes, on les retire.  Le soleil ne fera qu’une brève apparition aujourd’hui mais le vent d’hier est encore là et on file à bon train.  Je revois avec toujours autant de plaisir les superbes haltes de Champlain et de Sainte-Anne-de-la-Pérade.  Marie et Françoise s’improvisent même « coaches » de l’équipe à vélo en roulant près de nous (en voiture) donnant encouragements et conseils techniques!

Françoise et moi avons débuté notre journée presqu’aussi tôt que les cyclistes, en allant les reconduire sur le site du départ. Quelques minutes plus tard, devant le gîte et attendant le passage de l’équipe, nous poussions nos premiers « Bravo » de la journée. On a quand même pris un peu plus de temps à nous mettre en branle ensuite, histoire de profiter du déjeuner du B+B!  Une fois parties et bien équipées pour le pique-nique prévu à l’arrivée, nous avons choisi de rouler doucement en empruntant le parcours des cyclistes, histoire d’apprécier le paysage, de découvrir les haltes et les villages sur le Chemin du Roy.

À la halte-dîner de Portneuf, un mélange de plaisir et de préoccupations:  Suzanne se sent un peut fatiguée, Dominique D. se concentre sur les côtes à venir, André et Carole, avec philosophie, se préparent à grimper doucement mais constamment.   Sébastien, en jeune pur sang qu’il est, a déjà entamé cette dernière phase (et est peut-être déjà arrivé?…). Et on repart… Premières montées à Cap Santé: comme prévu André et Carole roulent doucement mais constamment, avec un sourire concentré mais omniprésent (comme à leur habitude). Suzanne et Dominique D., elles, sont surprises de se sentir si à l’aise dans l’effort.  À Donnacona, on ne passera finalement pas par la 138 mais par la rue Notre-Dame.  Par ce chemin, la route, en forme de S, plonge vers la rivière Jacques-Cartier, tout comme la montée de l’autre côté du pont.  On ne peut donc pas utiliser tout l’élan de la descente pour la montée mais c’est suffisant pour qu’on puisse grimper avec énergie.  Une fois arrivés en haut, Dominique D. et Suzanne rayonnent.  Les plus dur est fait (il y a d’autres côtes à venir mais pas aussi exigeantes) et l’épreuve a été vaincue avec panache.

Un peu déçues de ne pas passer sur la 138 à Donnaconna (c’est connu, l’encouragement est primordial, en haut de la longue côte, en face du Tim Horton’s!), nous donnons plutôt rendez-vous à Josée et Jessica, la conjointe et la fille de Daniel à la halte de Neuville, la dernière avant l’arrivée.  Le ciel et les nuages se font de plus en plus lourds et l’équipe, une fois rassemblée, décide de repartir sous la pluie qui menace.Nous, automobilistes encourageuses, devons rejoindre les lots de stationnement bondés, avant de pouvoir rejoindre le fil d’arrivée à Saint-Augustin-de-Desmaures.

À quelques kilomètres de la fin, on se rassemble à nouveau pour pouvoir franchir la ligne d’arrivée dans un seul groupe.  Le passage de l’arche d’arrivée est toujours un moment unique.  On se voit terminer sur l’écran géant puis on aperçoit rapidement ceux qu’on aime et qui nous aiment.  Pendant quelques secondes, nous sommes les meilleurs au monde.  On se tombe dans les bras, on s’embrasse, on se félicite, on essuie rapidement et discrètement quelques larmes, on se remercie chaleureusement.  On s’approche de la fin d’une route incroyable de 10 mois qui se termine par une randonnée de deux jours tout à fait mémorable.  Sur les derniers coups de pédale, on a changé un peu la chanson de départ, qu’on chante toujours aussi maladroitement et sincèrement:

On y est arrivé, c’ est maintenant gagné,
Pour la recherche nous autres, on a aidé.
Pis pendant deux jours, on a pédalé,
Jusqu’à Québec rien n’nous a arrêté.
On y est arrivé, c’ est maintenant gagné,
On est l’équipe du pépère à vélo, oo, oo, ooo! 
 

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C’est la première fois, en cinq ans, que le pique-nique de la fin se passe sous la pluie, les imperméables et la parapluies… Souhaitons-le, une fois n’est pas coutume! Mais malgré les gouttes,  l’équipe du Pépère à vélo s’étant agrandie, nous avons levé fièrement notre verre de mousseux avec le clan Baril élargi, Michel, le chum de Suzanne et Pascale, sa fille ainsi que les deux filles de Dominique D et sa famille.  Tout le monde s’est ensuite dispersé, chacun reprenant son soi-même et une partie de sa réalité. Sur l’autoroute #40 en revenant, avec Françoise et Dominique R., en voyant défiler les panneaux indiquant les noms des villes et villages, nous nous étonnions de toute cette distance parcourue depuis la veille!

Yvan et Marie

P.S.: La suite?  Carole, André et Sébastien, Daniel et sa fille Jessica sont  déjà inscrits pour le Cyclo-défi 2015.  Quant à moi, comme lors de quelques années passées, je vais prendre un peu de réflexion sur une plage des Îles-de-la-Madeleine.  Je suis loin d’être fatigué d’une telle implication.  Je veux voir si je ne serais pas intéressé par d’autres types de défi.  Pour bien initier cette réflexion, André a proposé d’augmenter le membership de l’Équipe du Pépère à vélo.  Proposition intéressante… Seriez-vous intéressé/es?

J’ajoute que quelle que soit l’implication, le volet écriture en fera sûrement partie! À la prochaine, donc!

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About Yvan Deslauriers

Je suis le Pépère à vélo. Avec Marie, ma blonde/maîtresse, nous sommes impliqués cette année, en 2019, au soutien de la recherche sur le cancer par l’entremise de la Fondation Myélome Canada et du financement de la Maison des greffés Lina Cyr. Cette implication se concrétise par la participation dans l’événement vélo pour Yvan et par la rédaction de ce blogue pour Marie et Yvan.
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5 Responses to Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 7 juillet 2014

  1. Avatar de Sylvie Gagnon Sylvie Gagnon dit :

    232 fois Félicitations à toute l’équipe du pépère à vélo pour avoir relevé une fois de plus ce grand défi !

  2. Avatar de Francoise provost Francoise provost dit :

    Que vais je lire les dimanches matins???? Allez vous publier un reveuil de vos chroniques? Merci pour cette belle aventure

    • Et merci à toi, chère amie, pour ta présence discrète mais combien importante. Pour tes dimanches matins, je te suggère la lecture de La Presse +.Par rapport à nous, ce sont, en général, de bien jeunes journalistes mais ils sont promis à un bel avenir. Ils méritent sûrement nos encouragements. Prochaine sortie: vélo? cinéma? resto? à Burlington? Verdun-Lasalle-Lachine? chez Tandem?

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