Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 3 mars 2013

ÊTRE DANS LA COULEUR…

Cette semaine, on se laisse inspirer par la couleur. Est-ce le fait du blanc de cet hiver qui n’en finit plus de finir? Le besoin de se retrouver, ici, maintenant mais dans un ailleurs? Qu’importe… À la manière de l’auteur Christophe André, dans son livre « Méditer jour après jour », on vous propose un tableau de Maurice Prendergast et on se sert des mots pour simplement ressentir et éprouver quelque chose. On plonge avec vous dedans et on vous emmène ailleurs. Pour tous ceux qui la prennent, bonne semaine de relâche! Profitez-en, ralentissez, où que vous soyez!

Vous comprendrez que le défi est de taille pour moi. C’est d’ailleurs la première fois que c’est Marie qui initie la chronique hebdomadaire et moi qui ajoute mes réflexions. Considérant le sujet choisi, je vais travailler fort!

Handkerchief Point

handkerchief-point-1897« Alors, l’esprit ne regarde ni en avant ni en arrière. Le présent est notre seul bonheur. »

D’abord la ligne d’horizon de l’océan Atlantique, toute droite, au loin. Puis les anfractuosités des rochers. On imagine qu’ils doivent être glissants… Le bleu de l’eau qui rappelle la sensation mordante ressentie quand on y met le bout des orteils, partout sur la côte-est américaine. Non! On ne se baigne pas! D’ailleurs, personne n’est dans l’eau… On contemple le mouvement des gens, la force tranquille du vent dans les robes des dames, la beauté des ombrelles ouvertes. Les nuages au fond nous ramènent au drôle de temps qu’il fait : la lumière suggère que le soleil est comme un peu voilé, et les ombrelles sont ouvertes. Est-ce qu’il fait chaud? Mystère. Ce sont les vêtements qui nous situent quant à l’époque du début du siècle. À l’époque, on ne se dévêtait pas en public…

J’ai l’impression de suivre un guide dans un musée. J’aime qu’on me raconte les histoires autour d’une peinture et surtout que mon séjour dans le musée ne dure pas trop longtemps. Dans ce cas-ci, ça se passe en 1896 à Nantasket Beach au Massachusetts. On devrait d’ailleurs passer pas très loin dans nos vacances cet été (quand on est à la retraite, comme nous le serons cet été, et que c’est le temps normal des vacances, est-ce qu’on est nous aussi en vacances?). Les photos actuelles que j’ai vues de cet endroit, ne ressemblent en rien à cette peinture.

img005

On se concentre ensuite sur les activités des gens. Certains sont assis, discutent ou contemplent la mer. Beaucoup s’en vont quelque part ou marchent sans but et flânent. Cet homme en bleu avec un canotier, est-ce qu’il esquisse un pas de danse? Qu’est-ce que c’est au fond, vers la gauche, en noir et blanc? Un homme qui pêche? Qui lance des cailloux à l’eau? Qui ramasse des coquillages? Ou alors c’est un panda?

Comment sont venus ces gens à cet endroit? Wikipédia nous dit qu’en 1895, il n’y avait que 80 voitures aux États-Unis. On doit donc penser à la calèche (plusieurs calèches dans ce cas). Est-ce que l’ancêtre du Bixi existait déjà?

robe blanche

Les vêtements me font rêver… Les robes des dames et des jeunes filles, longues et vaporeuses, suggèrent jupons et tissus soyeux. Blouses, jupes, ceintures, chapeaux, accessoires et rubans, manches bouffantes et froufrous, tailles cintrées et cols remontés, cheveux coiffés et attachés. Les vêtements des messieurs sont plutôt sombres. Ceux des dames souvent plus pâles, couleurs pastel et douces. Pour compenser, sans doute, la rigidité des cols empesés et des corsets serrés… Devant, une famille s’avance. La dame d’abord en robe blanche et blouson marine. Quelques pas derrière elle, l’homme (son mari?) porte une petite fille. Où vont-ils?

Il est évident que le cancer de la peau ne devait pas être une maladie importante ou même connue à l’époque. La crème solaire n’avait probablement pas été créée. Qu’est-ce que les mères, pouvaient alors dire à leurs enfants comme précautions sur la plage? Pour un homme de mon âge, le port du pantalon, veston, chapeau est sûrement plus séduisant que le costume de bain. Par contre, à mon avis, le charme féminin est moins bien servi par la mode de ce temps.

ombrelles

Parmi les gens assis, ces deux hommes qui semblent discuter. Ils portent des chapeaux melon plutôt que des canotiers. Plus sérieux? Peut-être des gens d’affaire ou des banquiers?

Et celui qui est en vert, vers la gauche, qui porte un drôle de couvre-chef de la même couleur, comme les quakers.

Certains semblent s’avancer, marcher rapidement (vers nous?).

Deux fillettes… L’une, penchée, joue dans le sable ou ramasse un coquillage. Elle est toute vêtue de blanc, comme si l’artiste n’avait eu le temps de colorer que les rubans dans ses tresses. L’autre, debout, nous fait dos. Elle est chaussée. Bottes? Bas?

fillette chapeau fillette

Intéressant de constater que la notion de plaisir change selon les époques…

Notons d’ailleurs des différences majeures avec maintenant : pas de chaises longues, glacières ou jeux. Personne ne mange ou ne boit. Est-ce que les pique-niques n’étaient réservés que pour être faits que sur l’herbe? J’aurais bien vu quelques cerfs-volants dans cette peinture.

voiliersEnfin, retour au fond, plus loin dans le tableau. Un homme, debout, observe les voiliers sur l’eau. Bruit des vagues qui se brisent. Le regard se perd. Point de fuite… Retour à la réalité. Nous avons accroché cette reproduction dans la salle de bain à la maison. Je la regarde tous les matins. Chaque jour, je me réserve ce plaisir d’observation. C’est difficile pour moi de « méditer ». Mais entrer dans ce tableau que j’aime, c’est une façon de m’arrêter, de rêver aux vacances, de m’imaginer la vie du début du siècle. J’assume complètement cette folie, n’en déplaise aux gens qui me croiront un peu fêlée…!

Je viens d’apprendre que notre salle de bain et cette reproduction en particulier était source quotidienne de paix et de réflexion. Ma routine matinale risque d’être chamboulée à partir de demain matin. Ce défi d’écriture a parfois des conséquences insoupçonnées.

Crédits et remerciements :

Les photos proviennent du site du musée du Louvre.

Je voudrais dire merci à ma sœur, qui m’a donné cette reproduction, achetée au musée des Beaux-Arts de Boston. Merci aussi à Lucie, collègue de l’école Wilfrid-Bastien, qui m’a appris comment faire des captures d’écran avec mon ipad mini! J’ai bien pratiqué!

Marie et Yvan

Avatar de Inconnu

About Yvan Deslauriers

Je suis le Pépère à vélo. Avec Marie, ma blonde/maîtresse, nous sommes impliqués cette année, en 2019, au soutien de la recherche sur le cancer par l’entremise de la Fondation Myélome Canada et du financement de la Maison des greffés Lina Cyr. Cette implication se concrétise par la participation dans l’événement vélo pour Yvan et par la rédaction de ce blogue pour Marie et Yvan.
Cet article a été publié dans Articles Le pépère à vélo. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 Responses to Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 3 mars 2013

  1. Avatar de Johanne Johanne dit :

    À Marie et Yvan, quelle belle description de ce tableau de Prendergast, dis donc Marie, ne voudrais-tu pas être bénévole au Musée des beaux Arts de Montréal, tes descriptions si pointus intéresseraient tous les visiteurs. Je suis conquise. Merci à vous deux de prendre le temps de rédiger ce blogue, c’est un pur bonheur que de vous lire. Amités, Johanne Z.

  2. Avatar de Sylvie G. Sylvie G. dit :

    A Marie et Yvan, ce prétexte à regarder autrement une peinture m’a littérallement portée vers d’autres cieux. C’est fou le pouvoir des couleurs qui nous projette dans de doux souvenirs et réveillent les autres sens : (l’odorat) l’air salin du bleu de la mer; (l’ouie) le cri des oiseaux, etc. Cela fait rêver aux vacances c’est vrai. Et pour répondre à ta question Yvan, à savoir «…quand on est à la retraite, comme nous le serons cet été, et que c’est le temps normal des vacances, est-ce qu’on est nous aussi en vacances?» et bien je te dirais, avec un recul de maintenant près de 3 ans comme «jeune» retraitée, que oui. L’être humain, si organisé pendant les années de sa vie active, organise et structure également son temps de «retraite» par tout genre d’obligations et d’engagements. Un temps d’arrêt devient alors ce que j’appelle tout bonnement la vacances dans LA vacances ! Bon dimanche, Sylvie G.

Répondre à Johanne Annuler la réponse.