Des nouvelles du Pépère à vélo – 11 mars 2012

E comme … effluves de printemps 

Effluves  de printemps: Au moment où vous lisez ceci, glissez les yeux vers l’heure présentée par votre ordinateur puis regardez vers votre montre ou vers une horloge près de vous.  Si l’heure est la même aux deux endroits, ayez un profond soupir de satisfaction et continuez votre lecture.  Si ce n’est pas le cas, vous êtes peut-être en retard pour quelque chose?  Que deviez-vous faire dans une heure?  C’est peut-être maintenant…

Après quelques journées à des températures de + 10C, c’est maintenant à l’heure avancée de prendre place, premier grand signe de la fin de l’hiver.  Ce soir,  vers 19h00, il fera encore clair et on sera un peu surpris.  On aura le goût d’aller marcher un peu  ou de faire du BBQ.  Ce qui serait une bonne idée pour changer l’air de ces effluves de printemps des restes de promenades de chien qui dégèlent.

Espoir et Eaux de mars: OUACHE, des restes promenades de chien… Quelle idée… Je vous envoie plutôt ces liens vers ma chanson préférée pour souligner l’arrivée du printemps:

http://www.youtube.com/watch?v=PxMjenL4k-g

Ici, c’est Georges Moustaki qui la chante en français.  L’original est de Antonio Carlos Jobim.  Je crois que j’en ai déjà parlé l’an dernier… M’en fout!  C’est tellement ÉVOCATEUR de tout ce que fait naître cet espoir en nous! Voir aussi la version en anglaisde Art Garfunkel:

http://www.youtube.com/watch?v=FrmcSJGvz4s&feature=related

Ou encore l’une des versions dans la langue originale de Jobim: http://www.youtube.com/watch?v=Qle1OrunKnE&feature=related

Un de mes rêves, c’est d’avoir mille versions de cette chanson!!! Merci You Tube!

Érables:  Essayez d’expliquer à des gens issus d’autres cultures que par un beau dimanche de mars, on décide de s’entasser dans des voitures, de rouler entre 50 et 100 kilomètres, de stationner dans une mare de boue, de marcher avec de grosses bottes lourdes jusque dans une cabane en bois rond où joue de la musique traditionnelle trop forte, de manger de la soupe aux pois, des oeufs, des fèves au lard, du jambon, de la tourtière, des pommes de terre, des oreilles de christ (!!!), le tout arrosé de sirop d’érable et complété par un morceau de tarte au sucre ou de pouding chômeur…  Qu’ensuite en prime, on va marcher dans une petite forêt où la neige fondante et la terre gorgée d’eau composent une masse inqualifiable qui supporte difficilement notre poids augmenté du repas à peine ingurgité, repas que nous finirons par de la tire d’érable chaude étendue (la tire, pas nous) sur de la neige.  Essayez surtout d’expliquer que tout ceci est source de grand plaisir que nous cherchons à renouveler régulièrement!… S’ils comprennent, ces gens issus d’autres cultures, vous aurez peut-être alors un moyen de mesurer leur niveau d’intégration comme québécois! 

L’Eau à la bouche: http://www.hotelspah2o.com/

On y est allés la fin de semaine dernière, dimanche et lundi.  Méchant beau cadeau d’anniversaire!!! Le spa est un peu petit, disons-le, on a vite fait le tour et les gens ne respectaient pas vraiment la consigne du silence.  Légèrement irritant. Le repas au restaurant nous a fait réaliser qu’on aime bien manger (c’était TRRRRRÈS bon)  mais qu’on ne fait pas vraiment partie du club sélect des gens riches et célèbres!  Yvan se demandait comment faire mieux l’an prochain comme cadeau d’anniversaire.  Notre voisine de la table d’à côté a reçu, elle, une paire de billets pour aller voir Louis-José Houde… à Paris!!!  Tant qu’à faire, accompagné d’un séjour de cinq jours dans la ville lumière!!!!  Une suggestion à mon amoureux pour un printemps prochain: même pas besoin d’aller voir un spectacle (!), je me contenterais bien d’un séjour d’une semaine à Paris!!!!!

Enfants:  Le plus âgé, l’apprenti politicien, vient d’envoyer ses demandes d’inscription à l’université (et de recevoir des réponses positives); l’autre, le gentil géant, vient d’avoir son deuxième cours pratique de conduite automobile, c’est même lui qui nous a conduit du restaurant à la maison vendredi soir.  J’avais instinctivement développé ma façon d’être le père qui veille à plusieurs des besoins de ses enfants qui grandissent.  Ceux qui me connaissent savent combien ce rôle me comblait.  Ils sont maintenant grands et souvent, un de leurs besoins est que je ne sois pas trop près.  J’ai réussi à les aider à devenir autonome et j’en suis démuni.  Drôle de façon de se réaliser.

Éducation, Élèves et Étudiants: On les voit dans les médias… Ils revendiquent leur droit à l’éducation et refusent l’augmentation des frais de scolarité que le gouvernement veut leur imposer sans discussion.  J’ai fait le choix délibéré, il y a maintenant plus de trente ans, de contribuer à ma façon au monde de l’école et de faire en sorte que les enfants prennent conscience de leurs forces et apprennent ce qui leur permettra de les développer.  Je suis toujours profondément touchée par les forces vives des jeunes.  Par le potentiel qu’ils possèdent déjà.  Par leurs convictions.  J’y crois. Je crois également  en un  monde où l’éducation est un  droit fondamental et gratuit.

Évaluation culinaire:  Il y a quelques semaines, une amie de spinning, la rouleuse gourmande, nous avait envoyé plusieurs recettes qui convenaient à l’alimentation d’un pépère qui a la prétention de devenir un peu athlète.  Nous avons cuisiné une de ces recettes:  chou-fleur rôti au vinaigre balsamique La combinaison avec des quiches était excellente.  Je vais peut-être me mettre à aimer vraiment les légumes… et à essayer les autres recettes.  On s’en reparle bien sûr.

Éloge de l’Exercice: Qui l’eut cru?! Étonnant, en effet, que ce ce soit moi qui parle des bienfaits que m’apportent les sessions d’aquajogging hebdomadaires!  Je constate que je suis enfin passée du côté positif de l’activité physique et que j’en vois les bons côtés.  Enfin!  Diront certains d’entre vous qui me connaissent…  Vaut mieux tard que jamais! Autre constat:  cette dépense d’énergie m’est salutaire et agréable parce que:

  • elle a lieu dans l’EAU (encore ce thème qui revient!!!);
  • je ne sens pas que j’ai chaud, même si je travaille fort;
  • j’ai du plaisir et je pense pas au travail tout le temps que ça dure;
  • les gens qui s’y trouvent forment un beau groupe;
  • la personne qui anime le fait avec plaisir, respect et propose des défis adaptés;
  • je me sens tellement bien après!

Entrainement : J’estimais essentiellement éteintes nos élucubrations entourant la lettre e.  Mais une épître électronique, un e-mail, éclosit (!!! verbe éclore au passé simple)) chez moi, expliquant l’élan vers l’entrainement de la marathonienne d’Anjou (et conjointe du baroudeur italien) envers un événement extraordinairement éreintant (essentiellement plus que l’élaboration de cet énoncé.) le Marathon de Montréal 2012.  Le Pépère souhaite des nouvelles de temps à autres sur cette aventure…en tenant compte de toutes les lettres de l’alphabet (c’est plus simple). 

Envol:  Benoit, mon beau-frère, le frère de Marie, (le Capitaine Haddock à vélo) et Johanne, notre belle-soeur (La Castafiore) sont dans un avion présentement en direction de Vancouver pour se rendre à Whistler où Simon leur garçon (le Moussaillon) travaille depuis novembre dernier.  Belle semaine de retrouvailles en vue…

Écriture: Est-ce nécessaire? Utile? Qui sait? Comme des bouteilles à la mer, nous lançons des idées et des pensées qui tentent d’avoir l’air  organisées quelques semaines par année dans ce blogue.  C’est en quelque sorte un prétexte (pré… texte!) qui nous permet de faire quelque chose « ensemble ».  Précisons le mot Ensemble:

D’abord, ensemble Yvan et moi.  Écrire,  c’est un projet qui nous allume, qu’on concocte d’une façon solitaire dans un premier temps, mais concertée ensuite. 

Également, comme dans toute communication, ensemble, vous et nous. Parce que vous lisez ce qu’on écrit ! 

Je cite Michel Lauzière, dans son Dictionnaire inutile mais pratique :

« Écrire : Belle occasion de se taire. » 

Yvan et Marie

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Des nouvelles du Pépère à vélo – 4 mars 2012

D comme … Droit à la dérive

D comme discrétion: Cette semaine, je serai discrète. Au-delà du fait que la lettre D s’est avérée un “défi” “difficile” à relever, je me “défile” un tantinet pour laisser toute la place à la réflexion d’Yvan.  Presqu’une “déclaration”! 

Le texte principal que je propose pour la lettre D est une forme d’introspection écrite à partir de réflexions, de lectures et de discussions avec Félix.  Il arrive que de vagues idées  prennent des formes plus concrètes à partir du moment où on les exprime. 

Droit à la dérive: Je suis né dans un lieu et à une époque où tout nous semblait possible. J’ai appris à mettre en questions les limites et à explorer l’inédit.  Dans les 55 années de mon existence, mon monde s’est transformé au point qu’entre la date de ma naissance et aujourd’hui les points communs sont rares.  Même la température n’est plus la même.

En fond d’écran de cette évolution (!?!) impressionnante, il y a une structure et une pensée politiques qui semblent englués dans un immobilisme déconcertant.  Encore aujourd’hui, un parti « gagne » et donne ses orientations au pays ou à la province pendant quelques années.  Les autres partis « perdent » et ne font que critiquer ce que les gagnants décident.  En parallèle, les pouvoirs des institutions financières ne cessent de prendre de l’espace,  rendant l’écart entre les nantis et ceux qui le sont moins de plus en plus large…

Je fais partie des bien nantis, mais je vis avec un objecteur de conscience obstiné et énergique.  Félix, l’apprenti-politicien, m’a présenté pendant la période des Fêtes un autre regard sur ce que pourrait devenir mon monde (et surtout le sien) par l’intermédiaire du dernier livre de Françoise David, De colère et d’espoir.  C’est une écriture toute en douceur et en détermination qui propose un projet de société basé sur une préoccupation constante de l’autre, dans le but de créer un mouvement où tous se sentiraient partie prenante.

Suite à cette lecture, au lendemain des mouvements de protestation inspirés de « Occupy Wall Street » et en pleine contestation de l’augmentation des droits de scolarité au Québec, on doit se demander si on veut vraiment continuer à vivre comme nous l’avons toujours fait?  Pourquoi se contenter de se complaire à être différent par notre langue et notre culture sans avoir l’audace d’être différent dans nos idées et dans nos actions (et je ne parle pas nécessairement ici de souveraineté politique*)

J’aimerais faire partie d’une société qui cherche les moyens de concrétiser l’accès gratuit à tous les niveaux d’étude parce qu’elle reconnait que cet investissement est à la fois création de richesse et diminution de pauvreté.

J’aimerais faire partie d’une société qui valorise pleinement la contribution de chacun, que celle-ci touche la création, les idées, l’imagination ou les talents à interpréter, fabriquer ou réparer.

J’aimerais faire partie d’une société qui décide de devenir leader des préoccupations environnementales de notre génération en développant des approches énergétiques qui s’éloignent, même radicalement parfois, des approches traditionnelles.

J’aimerais faire partie d’une société qui imaginera une forme de gouvernement où l’énergie des gens qui souhaitent s’engager serve davantage à créer qu’à s’opposer.

Au crépuscule d’une première carrière et à l’aube d’une prochaine étape de ma vie, je m’offre le droit à la dérive… vers des horizons qu’il me reste à construire.

 * Ici, j’aimerais apporter une précision… Dérive, mais jusqu’à un certain point politique!  On s’entend, la lecture de Françoise David et les discussions avec Félix ont modelé la pensée  humaniste du Pépère…  Mais pas encore ses croyances en ce qui touche l’option souverainiste!  Ya toujours des limites quant à la dérive… Quand même!  Peut-être faudra-t-il attendre la retraite pour voir ça?

Dépassements :  La semaine dernière, j’étais à ma deuxième participation au Pentathlon des neiges de Québec.  Un des éléments les plus difficiles psychologiquement est de se faire dépasser régulièrement et de ne pouvoir le faire que rarement.  J’ai beau comprendre que ces belles jeunesses qui passent rapidement à côté de moi ont une énergie que j’ai eu moi aussi à leur âge… J’essaie de me réfugier dans ma bulle et de me concentrer sur « ma » performance.  Disons que mon dépassement personnel est teinté d’une grande dose d’humilité involontaire (voir quelques photos dans la chronique de la semaine dernière).

Destination Monde (la course) :  Si je vous disais que j’ai un grand faible pour des télé-réalités, je serais curieux de savoir à quoi vous pensez.  En fait, je craque pour les télé-réalités où les participants doivent exploiter un talent particulier.  Je regarde donc régulièrement Star académie, Les Chefs (mon lien culinaire pour cette semaine) et toutes les variantes de la course Destination-Monde.  Je suis un vieux fan de ces émissions où des jeunes globe-trotters parcourent la planète pour nous envoyer des reportages sur différentes facettes de leur périple.  Plusieurs de ces coureurs ont connu des succès importants par la suite, dans le monde des communications.  Il m’en vient rapidement trois en tête (mais il y en a plein d’autres):

  • Patrick Masbourian (course Europe-Asie 1990-91) animateur de plusieurs émissions à la radio de la Société Radio-Canada;
  • Denis Villeneuve (gagnant de la course Europe-Asie 1990-91) réalisateur du film Incendie, vainqueur de plusieurs prix et en nomination pour le titre du meilleur film en langue étrangère de la cérémonie des Oscars 2011;
  • enfin, Philippe Falardeau (gagnant de la course Destination-Monde 1988), réalisateur du film M. Lazhar, avec tous les prix qu’on connaît et lui aussi en nomination pour le titre du meilleur film en langue étrangère de la cérémonie des Oscars 2012.

J’imagine une souper-causerie où seraient présentés les dix meilleurs reportages de la course à travers le temps, agrémentés de quelques numéros musicaux de la part de quelques  académiciens avec, bien sûr,  un repas concocté par les concurrents émérites des chefs…

Yvan et Marie

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Des nouvelles du Pépère à vélo – 26 février 2012

C comme « Ça goûte le ciel »

Ciel: Dans une vie passée, la marraine de ma conjointe de l’époque (bonjour Lyne), avait une expression savoureuse après avoir gouté quelque chose de particulièrement bon : « Ça goûte le ciel », qu’elle disait, les yeux un peu fermés, puis elle les rouvrait et reprenait langoureusement (selon mon souvenir) une autre bouchée.  Voici en vrac, quelques morceaux de ciel que nous avons eu la chance et le bonheur de goûter:

  • 18 ans, premier voyage en France, je goûte à un potage, moi qui ne connaissais que la soupe aux légumes de ma mère (fort bonne toutefois).
  • Les petits fruits, l’été : fraises, framboises, bleuets…  Natures, avec du yogourt ou un p’tit peu de crème.  Et le plaisir de faire des confitures de fraises avec mes sœurs et ma mère.
  •  Fraises à peine décongelés trempés dans le chocolat chaud d’une fondue (j’en soupçonne quelques-uns de sourire présentement).
  • Foie gras au torchon de notre ami Richard.  Une autre bonne raison d’aimer le temps de Fêtes et Pâques!
  • Foie de veau à l’orange (La recette est dans le livre Qu’est-ce qu’on mange, couverture verte).  J’ai reçu Marie pour la première fois avec cette recette.  Fallait-il qu’il soit assez téméraire…  Ou inconscient?…  Quoiqu’il en soit, c’était une très bonne idée, puisque c’était délicieux et grandement thérapeutique pour mon estomac rendu fragile ce soir là!  La veille, j’avais mangé des moules; on dit qu’il s’agit d’une seule moule pas fraîche pour rendre quelqu’un malade…  J’avais grandement besoin de quelque chose de fortifiant!
  • Crème épaisse et petits fruits frais dans un chalet d’alpage en suisse; la cuiller  tenait toute seule dans le bol, c’est tout dire! On était pas mal proches du ciel… Dans le même voyage, il y a eu l’initiation à la bouillabaisse dans le sud de la France mais là, on s’est éloigné sérieusement du ciel. Tu parles qu’on s’éloigne! Ouache… Les têtes de poisson qui flottent dans la soupe, très peu pour moi!
  • Homards fraîchement pêchés dans un souper dehors entre les deux chalets que des amis et nous occupions à St-Édouard-de-Kent au Nouveau-Brunswick, près de Bouctouche. Les homards, le vin blanc, la mer à quelques pas et bien en vue, le soleil qui se couche et un feu avec des guimauves pour finir la soirée sous les étoiles…  Encore tout près du ciel!
  • Champagne produit par la méthode traditionnelle et par la méthode moderne lors d’un séjour à Épernay (je me rappelle vaguement que c’était très bon).
  • Fish and chips, partout où il y en a (avec un faible pour celui de chez Armand aux Îles-de-la-Madeleine.
  • Morue fraîche, qu’on achète chez le poissonnier de Cap-aux-Meules.  Pas toujours certaine qu’elle a été pêchée aux Iles, considérant la pénurie causée par les phoques…  Mais c’est tout doux et ça fond en bouche.
  • Crème glacée, partout dans le monde et à toutes les saveurs.  Notons la crème glacée molle au zoo de St-Édouard (!?!) (c’était ma première fois, je cherche depuis à retrouver ce goût), les gellatto de  chez Roberto rue Bélanger et les glaces de chez Berthillon (Île St-Louis) ou dernièrement, Amorino (un peu partout à Paris).

Cancer, chimiothérapie, Gary Carter (Chr…de cal…de cib…de calv…et toutes les variantes de ces blasphèmes): comme plusieurs personnes de ma génération au Québec, j’ai aimé ce joueur qui par son comportement et ses réalisations nous montrait que beaucoup de belles et grandes choses étaient possibles.  C’est par lui qu’une des plus ignobles des égalités de la terre a été encore fatalement démontrée.  Je ne suis pas en colère contre cette maladie.  J’en ai contre le fait qu’elle frappe partout en tout temps, peu importe nos agissements ou notre comportement.  C’est un peu épeurant.

Cowboys fringants : Pour le cyclo-défi de cette année, je n’ai pas cherché et je ne chercherai pas une autre chanson que La Tête haute.  Elle renferme la force et la faiblesse, la fierté, l’acceptation et la tristesse qui entoure cette maladie.  Le personnage de la chanson a 19 ans, l’âge de Félix cette année.  Il n’y a pas d’âge idéal pour savoir qu’on va mourir, ni à 19 ans  comme dans la chanson ni à 57 ans comme Gary Carter ou jamais.  Cette année, je pédalerai pour contribuer à ce qu’un jour le mot cancer ne signifiera plus la fin.

Chance : Comme dans la chanson de Jean-Pierre Ferland « Une chance qu’on s’a ».  Je sais que ça fait cliché, mais c’est une belle chanson d’amour.  Parce que c’est Ferland, d’abord.  Mais aussi parce que  c’est bon d’avoir,  dans un bout de vie, quelqu’un qu’on aime et qui nous aime.  Célébrons ça!        http://www.youtube.com/watch?v=P46dESKyrfY

Une chance que j’t’ai
Je t’ai, tu m’as
Une chance qu’on s’a

Quand tu m’appelles  » mon p’tit loup « 
Avec ta petite voix
Tu panses mes bleus
Tu tues tous mes papillons noirs

Tu fais des boules de lumières
Avec tes p’tits doigts
Tu fous la trouille aux hiboux

Une chance que j’t’ai
Je t’ai, tu m’as
Une chance qu’on s’a

J’suis pas très grand
Pas très fort
Mais que personne vienne
Te faire d’la peine
Sans d’abord me passer sur le corps

Fie-toi sur moi
Mon bon chat
T’auras jamais peur
Tant que j’vivrai
Même si je meurs

Une chance que j’t’ai
Je t’ai, tu m’as
Une chance qu’on s’a

Je ferais tous les planétariums
Chercher dans toutes les galaxies
La crème des femmes
Que je finirai dans ton lit

Le paradis c’est ici
Y a pas d’autres vies
J’te donne la mienne
Parce que je t’aime à l’infini

Une chance que j’t’ai
Je t’ai, tu m’as
Une chance qu’on s’a

J’ferais tous les planétariums
Je t’ai tu m’as
Chercher dans toutes les galaxies
Une chance qu’on s’a

Une chance qu’on s’aime

Courageux et « Cheerleaders » : Nous sommes à Québec cette fin de semaine, pour le Pentathlon des neiges. Yvan, Isabelle, Marie-Christine, Jérôme et Loïc ont participé fièrement samedi à deux reprises, dans deux compétitions, se partageant les épreuves de vélo, de course à pied, de ski de fond, de raquettes et de patin.  Avec la neige qui est tombée depuis hier, le nom de cet événement prend tout son sens!  Bravo les braves!

Cette année, je faisais le vélo (6km en vélo de montagne, en descentes et en montées) le ski de fonds (les photos seront mises dans cette page bientôt).  148ème sur 183 en vélo et problème technique de fartage en ski de fonds (je n’ai pu faire qu’un tour sur les deux, mais dans le classement ça n’a pas paru.  J’ai l’air d’un crack du ski de fonds).  Nous avons officiellement fini 121ème sur 183 (on aurait dû être 150ème).  Conclusion :  avec l’âge le pépère est un peu meilleur sur de longues distances que sur des courtes.  En fait, mes performances sont davantage de me rendre au bout que de me rendre au bout rapidement.

Julie et Benoit sont arrivés en fin d’avant-midi pour se joindre à l’équipe des « Cheerleaders », qui encouragent les braves sans relâche!!!  Une discipline d’enfer, le cheerleading!  Martine nous a manqué aujourd’hui : on se rend compte que c’est elle la plus constante dans les encouragements. Benoit a pris des photos pour immortaliser les efforts de chacun.  Une chance, parce que moi, comme photographe, ce n’est pas fort du tout!

 Ceinture :  Depuis ma rencontre avec une nutritionniste, l’économie de la petite carotte, des jus V8 en petites canettes, des ananas, des cantaloups et des raisins verts et rouges est probablement en nette progression.  Ma ceinture qui se plaignait de mes habitudes alimentaires a maintenant un peu plus d’espace pour souffler…et moi aussi.

Yvan et Marie


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Des nouvelles du Pépère à vélo – 19 février 2012

B comme dans « Propension au Bonheur »

Gilles Desjardins, c’était un peu « l’oncle des États-Unis » de la famille Lalande.  C’était le frère de ma mère. Il représentait une partie du soutien international à notre cyclo-défi. Sans avertissement, la semaine dernière, Gilles nous a quittés. Il devait subir une intervention chirurgicale à cœur ouvert et les choses ont mal tourné ensuite…  En apprenant la nouvelle, il y a eu évidemment le choc et la peine.  Nous n’aurons plus la chance fantastique de côtoyer cet homme qui avait fait un pacte de bonheur avec la vie.  Puis, tout doucement, une paix tranquille s’immisce en nous. On ne pleure pas trop longtemps une personne qui avait su transformer une existence chaotique en une série de moments heureux. En fait, on pleure encore, mais le choc est passé. La colère et l’incompréhension s’estompent aussi.  Il reste de la peine, mais elle se mêle au curieux sentiment de paix intérieure quand on y repense : l’humour de Gilles nous inspire, autant que ses efforts constants pour faire de sa vie quelque chose de simple, riche et beau.  Pendant plus de 40 ans, il a fait preuve d’honnêteté envers lui-même et combattu ses démons et  ses dépendances.  Il s’est engagé aussi dans un mouvement où il a  guidé les gens qui voulaient faire un pas dans la même direction de recherche du bonheur. 

Lorsque j’ai cherché la définition du mot propension, M. Larousse m’a dit:

« Inclinaison, tendance naturelle à faire quelque chose, penchant de quelqu’un pour quelque chose: une nette propension à l’alcoolisme. »

Il semble que même M. Larousse ait connu Gilles, mais il ne raconte son histoire qu’à moitié; il fallait conclure en soulignant que son génie a été de transformer sa vie en une nette propension au bonheur.

Samedi prochain, à 15h00, une cérémonie aura lieu à Austin, au Texas.  Ma sœur et ma mère y seront, avec les proches  qui auront pu faire le voyage  et les nombreuses personnes qui auront reçu une parcelle de bonheur grâce à Gilles et sa façon de voir la vie.  Mes pensées y seront également.

Bouffe:  ce n’était pas prémédité au départ, nous aimons simplement bien manger et boire mais nous nous sommes lancé le petit défi de glisser des allusions à la nourriture dans les différentes étapes de notre défi d’écriture.  Nous avons commencé la semaine dernière en racontant ma rencontre avec une nutritionniste.  Cette semaine, on voulait parler de la recette de médaillons de porc à l’érable (voir Ricardo) accompagnés de patates douces au four et de haricots (surtout ne pas oublier les légumes) que nous avons savourée dimanche dernier.   Mais je viens de recevoir un courriel qui accaparera nos papilles pour quelques semaines.  Dans un mouvement tout à fait épicurien, une amie de spinning, appelons-la «  la Rouleuse gourmande », nous envoie des recettes dont on reparlera sûrement.  Pour le moment, nous vous laissons avec  les titres des recettes (vous noterez une nette tendance végétarienne ou une complicité féminine naissante) : chou-fleur rôti au vinaigre balsamique et parmesan, haricots verts aux amandes et aux clémentines,  pois chiches grillés et brocolis, pâté de boeuf jamaïcain, poulet rôti avec fromage de chèvre et sauge, salade de tomates rôties, lentilles, fêta et roquette et même un dessert, cupcakes au chocolat et zucchini… Merci bien, chère complice! On a bien hâte d’essayer ces suggestions!

Bourlingueurs des routes: nous serons au moins trois à nous préparer aux aventures insoupçonnées de la route entre Montréal et Québec.  Il y a Daniel, autrefois « Genou de Pointe-aux-Trembles » qui a atteint le rang de Chevalier l’an dernier et Dominique, le  « Baroudeur  Italien (nom en délibération auprès de l’intéressé)», que je vous présenterai mieux quand je le connaîtrai mieux.  Quant au Capitaine Haddock à Bécane, il doit se faire opérer au genou (bien sûr,  il réside lui aussi à Pointe-aux-Trembles) dans les prochaines semaines.  S’il fait Montréal-Québec en juillet, ce sera pour photographier le périple des bourlingueurs.

Balade : En fin de semaine prochaine, nous ferons une balade à Québec! Comme l’an dernier, Yvan participera au Pentathlon des neiges, sur les Plaines et dans les rues de Québec.  Avec les mêmes coéquipières que l’an dernier, ils formeront à nouveau une équipe et se partageront les épreuves de course à pied, vélo, ski de fond, patin et raquette.  En fait le mot « balade » prend surtout son sens pour moi!  Je serai la spécialiste de l’encouragement…

Bouteilles à la mer:  Dans toutes mes relations, l’écriture a eu une place spéciale.  Écrire à quelqu’un en particulier, c’est aussi espérer une lettre qui revient.  À l’époque, le retour à la maison avait alors une saveur de hâte pour voir s’il y avait une enveloppe qui n’était pas un compte (avant l’ordinateur) ou un courriel qui n’était pas une annonce.  Aujourd’hui, pour moi, nos échanges ressemblent davantage à une bouteille que Marie et moi, régulièrement, lançons à la mer.  À la différence que dans ce cas-ci, la mer nous retourne souvent des bouteilles avec des nouveaux messages (ou même des recettes)!

Yvan et Marie

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Des nouvelles du Pépère à vélo – 12 février 2012

Abécédaire…

Marie et moi, nous sommes rencontrés à travers l’écriture. La « Boîte à mots » était une agence de rencontre où les membres devaient se présenter dans une lettre anonyme. Je ne lisais que les lettres écrites à la main. Il est plausible de penser que si Internet avait existé au moment où nous nous cherchions, on aurait pu passer à côté de l’autre sans se voir…

L’an dernier, nous vous avons présenté, en parallèle avec le cyclo-défi, un défi d’écriture de 20 semaines où nous avons vite retrouvé le plaisir des mots.  Cette année, nous avons choisi de nous laisser porter par l’alphabet. Il n’y aura pas 26 chroniques mais nous nous sommes donné le défi d’écrire quelque chose à partir de chacune des lettres. De là l’idée d’un abécédaire!

A comme aventure: parce que ce cyclo-défi en est une, encore une fois!  Parce que nos vies, somme toute légèrement  « pépère », nous apportent parfois un peu d’imprévu et de nouveauté et que c’est agréable de se laisser porter dans ces occasions.  De s’engager, d’accepter la main tendue, de fermer les yeux et de faire confiance.  Se lancer de plein gré dans un évènement en espérant que ça se finira de façon glorieuse sans avoir le plein contrôle de se qui se passera entre le début et la fin.

Actuel avenir: dans l’esprit de la réforme en éducation, je crée ce temps de verbe pour contrebalancer le futur antérieur (je suis bien curieux de voir ce que ma maitresse de blonde va écrire à ce sujet). Ce temps implique un engagement important dans le présent pour créer un avenir différent. Ça explique en partie mon implication dans le cyclo-défi. Ça pourrait avoir l’air de: je suis pédalant vers Québec (ou je sue en pédalant vers… vers … ouf… fiou … vers la fin du cours de spinning …selon le point de vue). La blonde-maîtresse d’école ajoute qu’il existe déjà un autre temps de verbe que les plus vieux d’entre nous ne savent pas nommer mais utilisent constamment : il s’agit du  futur proche! On l’obtient en combinant le verbe « aller » au présent (un peu comme un auxiliaire) et l’infinitif d’un autre verbe qui représente l’idée qu’on veut exprimer.  Un exemple alliant l’actuel avenir et le futur proche et qui explique mon implication dans le cyclo défi : « Je vais contribuer immédiatement en faisant mon don sur le site d’Yvan! »

Alimentation (faire moins avec plus): nouveauté cette année, j’ai rencontré une nutritionniste. Mon entrainement des dernières années m’avait amené à penser que je pouvais continuer à me nourrir un peu n’importe comment (ici lire : comme un gars) comme dans le bon vieux temps. Depuis quelques semaines, ma ceinture me faisait comprendre que j’avais peut-être exagéré les bienfaits de l’exercice et que quelques adaptations seraient de mise.
La sentence a été brutale et sans merci, je devais manger plus… de fruits et de légumes et plus souvent (bon petit déjeuner et petites collations). Ce faisant, je m’assure que  mon corps ait assez de protéines et de sucres me permettant d’avoir les ressources nécessaires pour faire mes journées de travail, suivies de mes séances d’entrainement sans avoir à me gaver de biscuits et de noix en arrivant à la maison (le mot gaver est tout à fait adéquat dans les circonstances). La nutritionniste a évidemment le physique de l’emploi et elle participera, elle aussi, au Pentathlon des Neiges à Québec à la fin février. Le fait qu’elle participe à la compétition de longue durée et moi à la courte est sûrement dû au fait qu’elle mange plus sainement que moi depuis plus longtemps!  Moi, j’aurais plutôt dit « faire plus avec mieux », pour parler du virage amorcé par le sportif!  La seule personne préoccupée par les portions de légumes et l’importance de manger régulièrement à la maison jusqu’à ce jour, c’était moi!!!  J’apprécie avoir maintenant une alliée à qui mon chum ait pu accorder de la crédibilité!!!  Quoi que, honnêtement, mon rapport trouble avec la nourriture fait que j’ai bien peu en commun avec les nutritionnistes du monde entier! Mais qu’importe!  Allons-y pour une plus saine alimentation, tant que ça goûte bon!

Yvan et Marie

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L’année 2011 en revue

Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2011 pour ce blogue.

Voici un extrait:

Un métro New Yorkais contient 1 200 personnes. Ce blog a été visité environ 3 700 fois en 2011. Si c’était un métro New Yorkais, il faudrait à peu près 3 voyages pour transporter autant de personnes.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

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Des nouvelles du Pépère à vélo – 20 – 13 juillet 2011

Oser vouloir changer la chanson… 

Lundi, 11 juillet, 7h00, notre chambre d’hôtel donne sur la Place d’Youville â Québec.  Hier, cet endroit était grouillant de gens à cause des spectacles du Festival d’été.  Ce matin, elle est silencieuse et presque vide avec quelques personnes qui se rendent lentement à leur travail.   Je me sens comme le lendemain du party, encore sur la douce euphorie d’un week-end fantastique et calme de la tranquillité de cette journée qui commence.

Antoine et moi, on dort encore.  Nous n’avons pas roulé 220km depuis les deux derniers jours, mais nous avons participé à l’événement à notre façon, en « supporteurs ». D’une certaine façon, c’est exigeant aussi, l’encouragement!!!

Vendredi, 8 juillet,  les derniers préparatifs se font sans hâte.  J’avais commencé la veille à faire mes piles et tout se passe rondement.  Le Capitaine m’appelle pour vérifier quelques détails.  La conversation est enjouée.  On aime dissimuler un certain trac par une attitude un peu désinvolte.  La pièce va commencer demain et, sans se le dire dans ces mots, nous avons la conviction d’avoir bien répété.  Tout ce que je peux contrôler est sous contrôle.  Je dors paisiblement.

Samedi, 9 juillet, levée tôt (pour moi c’est mon heure habituelle).

Pour le reste de la famille, c’est toutefois un peu plus difficile, avouons-le! Mais nous sommes prêts aussi!  Cette année, on a l’encouragement un peu plus discret que l’an dernier : Martine n’a pas fabriqué d’affiches et nous oublions subtilement les « vuvuzellas » dans le garage!

La météo sera bonne pour les deux prochains jours avec des vents pas pires pour samedi mais carrément favorables pour dimanche.  Le parcours de cette année a été raccourci par rapport à l’an dernier pour rendre le défi un peu plus abordable.  C’est quand même 220 km en deux jours.  Le départ a lieu à l’extrémité est de Repentigny.  Le site est amplement grand pour recevoir les 1800 cyclistes et leur famille et amis mais l’accès est problématique.  La sortie d’autoroute est encombrée par ce flux inattendu de voitures et le stationnement est  un peu difficile.  Le point de départ est une ruche de bénévoles qui servent des déjeuner, réparent des vélos, échangent les maillots de cycliste qui ne seraient pas de la bonne grandeur (ou comme dans mon cas, qui semble être le seul complètement  en anglais avec un drapeau du Canada à la manche. Merci Nicole d’avoir réalisé l’erreur… Quand même, on sait bien qu’Yvan aime son travail à la fonction publique fédérale, mais y a toujours ben des limites…).  Plusieurs des personnages que vous avez rencontrés dans les dernières semaines sont venus avec des parents et des amis nous souhaiter bonne route : la Baronne des Jardins, les Châtelaines de Monsabré, le Gentil Géant qui semble dormir les yeux ouverts, l’Apprenti-politicien, la Blonde/Maîtresse, la Castafiore et une partie de sa famille.  La solidarité des «clans» est très présente et très importante.

On rencontre la Fonceuse Épicurienne, qui nous présente fièrement son garçon Émile et son chum Sylvain, que nous appellerons à présent le Chum/chauffeur/photographe.  Il nous suivra pendant les deux jours avec sourire et son appareil photo.  Puis nous rencontrons une jeune femme (25 ans!!!) énergique et rieuse, parente de Sylvain, qui fera aussi le cyclo-défi.  Elle s’appelle Catherine et vient de St-Alexis dans le comté de Montcalm (village de naissance de ma mère).  Je la baptise aussitôt Catherine de St-Alexis.  Sa «marraine spirituelle», la Grande Catherine de Russie ne lui ressemble pas du tout (http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_II_de_Russie)

Les cérémonies de départ sont à la fois grandioses et un peu longues.  Guy Carbonneau fait les interventions en français, mais il est probablement plus à l’aise sur une patinoire que derrière un micro.  L’animateur anglophone est énergique et entraînant.  (Certains diront un peu « trop »…) La partie où quatre cyclistes à pied escortent un vélo vide est toujours poignante.  Elle symbolise la disparition d’un être cher et la volonté de vaincre cette maladie par notre action.

Enfin, on part…

(Faut dire que le départ a été considérablement retardé, à cause d’automobilistes insouciants (comme moi…) qui avaient stationné leur véhicule dans un rond-point faisant partie du trajet du convoi et ne sachant pas que le convoi passerait justement par là… Ceux qui se sont fait remorquer ont dû trouver que leurs encouragements leur avaient coûté cher…

1 800 cyclistes qui démarrent ensemble, ça ne crée pas tout de suite un mouvement très fluide (http://www.youtube.com/watch?v=NuOWlqJ4Ckc).  On est un peu loin du Tour de France.  On roule doucement très collés les uns près des autres.  La Fonceuse est surprise par un arrêt brusque devant elle.  Elle fera religieusement une génuflexion près d’une marre boueuse.  Il y aura toutefois plus de peur que de mal autant pour elle que pour son vélo.  Au premier arrêt, après les 30 premiers kilomètres, on n’aura roulé qu’à une moyenne de 19 km à l’heure.  À ce train, faire les 120 km de cette journée pourra prendre plus de 6 heures.  Heureusement, à partir de ce point, le long cortège cycliste s’étirera et on pourra rouler à des vitesses plus élevées.  Le vent ne sera pas un facteur majeur mais on a l’impression qu’il est plus souvent contre nous que pour nous.

Le matin, les discussions sont variées et joyeuses.  Le chum/chauffeur/photographe apparaît ici et là armé de son appareil photo.  La première partie de l’après-midi est plus solitaire.  On roule chacun dans sa bulle à des vitesses un peu différentes.  Le vrai défi commence à une vingtaine de kilomètres de notre arrivée.  Il est dépassé 15h, on a 100 km au compteur et on voudrait arriver plus vite qu’on est capable de pédaler.  L’arrivée au camp à Cap de la Madeleine se fait en montant et teste notre réserve d’énergie.  Nous arrivons à cette première ligne d’arrivée, heureux mais fourbus.  Moyenne pour la journée 23,6 km/h.

Le Capitaine et moi avons décidé de laisser aux plus jeunes (Catherine de St-Alexis, dans notre groupe) le plaisir de coucher sous la tente.  Nous avons réservé une chambre à la Maison de la Madone…On est très loin d’un hôtel quatre étoiles mais plus confortables qu’au camping du cyclo-défi.  Nous sommes choyés par le chum/chauffeur/photographe qui nous offre la navette entre le camp et notre hôtel (et vice-versa).  Comme l’an dernier, le souper au camp est excellent et abondant.  Les discussions vives et enjouées.  On apprend à se connaître par des anecdotes rigolotes  (là-dessus le Capitaine peut animer de très longues soirées). Le Capitaine, la Fonceuse et Catherine de St-Alexis ont tous fait du parachutisme dans leur vie…je me sens un peu ordinaire.

Dimanche, 10 juillet, difficile à croire mais le temps est un peu frisquet; le ciel, lui, a mis ses couleurs du matin les plus spectaculaires.  Le Capitaine et la Fonceuse croisent Guy Carbonneau,  trouvent (dans cet ordre) un morceau de papier, un crayon et le Pépère pour que ce dernier puisse combattre sa timidité et qu’il demande un autographe pour le Gentil Géant.  7h00, le départ est lancé.  Ça commence immédiatement par la rue des lamentations où des muscles raidis de l’effort d’hier provoquent de nombreuses onomatopées douloureuses de la part des cyclistes.  Passage à retenir, le magasin Véniel, chocolaterie et fines gourmandises.  Le réchauffement ne dure pas longtemps, le Capitaine et moi roulons autour des 30km/h, la Fonceuse n’est pas très loin en arrière et Catherine suit rapidement avec son énergie et son sourire.

Après la première pause, près de Champlain, nous faisons à travers champs un circuit de 35 km jusqu’à Sainte-Anne-de-la-Pérade.  La Fonceuse fonce avec énergie et plaisir, le Capitaine et moi (et parfois plusieurs bons rouleurs) dans son sillage.  Si les marathoniens atteignent parfois une espèce d’euphorie dans leurs courses, nous y sommes à ce moment.  Près de Sainte-Anne, le Capitaine sent un genou le faire souffrir un peu (tient, un cycliste de Pointe-aux-Trembles qui a mal au genou!) et ralentit un peu (il sera correct par la suite).  Comme l’an dernier, l’arrivée à la halte de Sainte-Anne-de-la-Pérade, est majestueuse.  On a la double émotion de vouloir s’arrêter pour conserver le moment et de continuer à rouler sur notre nuage.Il est 9h30 et il ne reste que 44 km à rouler, le soleil commence à faire sentir chaleureusement sa présence mais une petite brise nous pousse dans le dos.

À ce moment, Yvan me téléphone pour la deuxième fois de la journée.  Petite crainte : nous sommes partis vers 9h45 de Montréal, Antoine, Johanne et moi, croyant avoir plein de temps devant nous…  Au train où ils pédalent, le doute s’installe.  Nous avions prévu être à Donnacona vers 12h00 et attendre nos athlètes.  Je commence à penser que ce sera peut-être eux qui nous attendront…  On file!

Aujourd’hui rien ne peut nous ralentir.  J’avais averti mes coéquipiers que juste avant d’arriver à Donnacona, la côte à monter est impressionnante.  J’avais juste oublié que Cap Santé est avant Donnacona et là aussi la montée n’est pas banale.  L’an dernier, en arrivant à la vue de Donnacona par la 138, on faisait face à une longue descente droite vers le pont qui surplombe la rivière Jacques-Cartier ET ÇA REMONTAIT AUSSI HAUT DE L’AUTRE CÔTÉ.  Cette année toutefois, on ne passe pas par cette route; la rue Notre-Dame descend de façon vertigineuse mais en faisant un long ‘S’.  Mes trois ex-parachutistes revivent leurs exploits du passé en dévalant allégrement.  Moi, par définition plus Pépère, je traine de la patte (à 48 km/h !!!).  Mais pour monter, je vaux le pesant d’or de mon âge et nous arrivons en haut presqu’ensemble.  À cet endroit, la rue devient une douce pente descendante, une bénévole à droite nous crie que nous sommes à 200 mètres de l’arrivée.  C’est débile, tout se passe à vitesse grand V et au ralenti EN MÊME TEMPS.  J’entends « Et voici à la ligne d’arrivée Catherine, Benoit, Nathalie et Yvan (je n’avais pas mis au courant l’organisation de nos pseudonymes) ».  L’an dernier j’avais passé cette ligne presque comme un zombie tellement je me sentais comme un mort vivant.  Aujourd’hui, je crie comme si j’avais compté le but gagnant de la supplémentaire du 7ème match de la coupe Stanley.  Il est 12h15!  La Blonde/Maîtresse, le Gentil Géant et la Castafiore sont arrivés il y a 5 minutes à peine.  Même pas eu le temps de sortir les chaises et le pique-nique!  On était à peine sortis faire une petite reconnaissance des lieux.  Même pas eu le temps de sortir l’appareil photo de son étui!

Le chum/chauffeur/photographe et le chum et les parents de Catherine ont été pris de court par notre arrivée hâtive et arriveront un peu après.  Embrassades, cris, photos, explications, anecdotes, larmes, tout se passe dans un fouillis merveilleux.  Mon odomètre m’indique même que ma vitesse moyenne pour l’ensemble du cyclo-défi a été de 25,0 km/h.

De gauche à droite, Catherine de St-Alexis, La Fonceuse Épicurienne, Le Pépère à vélo et Le Capitaine Haddock à Bécane

Je dois dire que je suis très impressionnée par la performance de nos quatre cyclistes!  Enfin, 220km plus tard, ils ont toujours les yeux pétillants!  Je le suis également par les cyclistes qui se distinguent des autres par ce drapeau jaune accroché à leur vélo : il s’agit de survivants du cancer qui se sont impliqués dans le cyclo défi et qui ont eux aussi pédalé entre Repentigny et Donnacona.  Ces personnes m’inspiraient du respect et de l’admiration lors du départ.  À leur arrivée, je suis encore plus bouleversée…

Le calme étant un peu revenu, on va chercher notre bagage pour s’apercevoir qu’il y a plein de sacs qui attendent leur propriétaire.  Nous, les « athlètes » du dimanche après-midi, qui ne visions pas la performance mais la réalisation…nous sommes arrivés parmi les premiers.

Tout exploit « Lalandien » se concluant par un festin, celui-ci aura la forme d’un pique-nique champêtre en dessous d’un arbre près de la ligne d’arrivée.  Au groupe que je vous ai présenté s’ajoute  une surprise importante : le Mousaillon (Simon, le fils de Benoit et Johanne) vient s’assoir avec ses hot-dogs et nous (ou l’inverse).  Le bruit de fond est l’annonce du nom des gens qui arrivent au fil, le thermomètre indique 30 degrés C.

………………………………………………………………………………………………………

Grâce à votre soutien et vos encouragements, les cyclistes du cyclo-défi 2011 ont ramassé 6,7 millions $.  Un autre pas concret pour vaincre ce fléau.   Dans la chanson « La tête haute » des Cowboys fringants, le texte dit :

Le doc me l’a confirmé
le mal a trop progressé
une affaire de quelques s’maines
peut-être deux mois à peine (…)

J’ai tout surmonté
la tête baissée
maintenant j’redescends la côte
et j’ai La Tête Haute

Et si, par la mise en commun de nos petits moyens, on en arrivait à changer la chanson…  Comme dans la côte à Donnacona, la maladie provoquerait une descente vertigineuse qui serait suivie par une montée glorieuse, la tête haute et sans retombée, vers une grande et belle guérison…

La vie est juste tout simplement belle.

Cette aventure se termine ici en beauté.  Nous sommes à la fois fiers, reconnaissants et un peu tristes : jumelé à la réalisation du projet, se trouvait le plaisir de l’écriture hebdomadaire.  On a déjà hâte au prochain projet, au prochain défi, quelle que soit la forme qu’il prendra, pour partager avec vous ce bonheur des mots partagés.

Merci!

Yvan et Marie

Je m’en voudrais de finir cette série de textes sans remercier certaines personnes qui ont été marquantes dans ce projet de 20 semaines:  merci à vous tous, chers lecteurs/financiers/supporteurs pour vos dons, vos réactions, vos encouragements et pour les textes de la chronique sur les moments où il fait bon vivre;  merci à toutes les personnes qui ont bien acceptées le surnom que j’ai choisi pour elles et qui souvent l’ont endossé par la suite; merci aux membres du clan « Lalande-Therrien-Deslauriers » qui ont contribué à faire des deux chroniques de la période de Pâques des éléments de ce blogue pour lesquels j’ai reçu de nombreux commentaires élogieux;  merci à Nathalie Turcotte (la Fonceuse Épicurienne), mon enthousiaste partenaire d’entraînement de spinning et participante au Cylo-défi,  je crois qu’un lien d’amitié vient d’être créé; merci à Benoit Lalande (Le Capitaine Haddock à bécane), ton implication dans toutes les phases de ce projet et en particulier la phase écrite a été renversante, tu as assumé ton personnage avec couleur et émotion et d’une semaine à l’autre j’avais hâte de te lire;  merci finalement à Marie (la blonde/maîtresse), il y a 21 ans nos chemins se sont croisés grâce à l’écriture et j’ai découvert un immense plaisir à re-partager les mots avec toi dans ces chroniques.

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Info-lettre du Capitaine Haddock (18) le 03 Juillet 2011.

Mais où était donc le Capitaine ?  Il était retenu au Château de Moulinsard, pour affaires urgentes……et je nomme…… Séraphin Lampion!

Cet énergumène est une connaissance du Capitaine et  lorsqu’il arrive avec sa famille, il prend toute la place ….et sans gêne par surcroit.

Le Capitaine est resté malgré tout informé et a lu les écrits du Pépère, il aimerait répondre, à sa manière, en ce qui concerne les petits moments heureux de cette drôle de vie.

Et bien… Le pépère… un des moments heureux….de ces derniers mois … est mon entrainement intensif en vue de faire le Cyclo –défi…le soleil, le vent, la vitesse, la sueur .…Euh !!! STOP !!!!

J’aimerais bien que vous m’expliquiez bandes de papous des Carpathes …ce qu’il y a de si plaisant à faire du vélo à Montréal et de se battre avec un automobiliste sur dix pour des questions de partage de la voie publique. Essayez donc espèces de pleurnichards de rouler à 25 km/hrs sur une piste cyclable avec ces extraits de cornichons de touristes qui roulent deux par deux.

Autre moment heureux…..l’arrivée du printemps …. La pousse de ces bourgeons, de cet érable immense qui meuble ma cour avec son lot de disamares qui tombent sur le sol en tournoyant. Euh …STOP !!!!

Bon maintenant bandes d’analphabètes diplômés, vous allez me dire que vous ne connaissez pas la définition du mot disamare. Alors sachez que c’est ce qu’on appelle des hélicoptères, et qu’en ramasser  une dizaine de sacs à ordures par printemps, et même l’été …. cela devient redondant. Sans compter que ca bloque les gouttières et les filtreurs des piscines des voisins.

Autre petit moment intéressant, c’est la nouvelle règlementation municipale qui demande aux pompiers d’être les premiers intervenants sur les lieux d’un incident. Quelle belle initiative …..Euh Stop !!!!!…. pourrait-on m’expliquer pourquoi ces bougres d’ectoplasme de moule à gaufres, roulent en allumant les sirènes du camion a 3 heures du matin. La circulation  est plutôt calme à cette heure. Bougre de phénomène de tonnerre de Brest, je dors la nuit, moi. Je dois être en forme pour le Cyclo –défi….

Nous avons aussi, dans mon quartier un mini club de moto. Ce sont de gentils propriétaires de Harley Davidson. Le problème vient du fait que ces espèces de mitrailleur à bavette ont enlevés le silencieux de leurs engins (straight pipe), alors imaginez, tout ce qui s’appelle système d’alarme se déclenche sur leur passage. Le second inconvénient c’est que l’activité favorite de ces loups-garous à la graisse de renoncule est d’aller prendre un café au TIM HORTON du coin. Je veux que vous sachiez qu’ils consomment beaucoup de café, et qu’ils reviennent à la maison après chaque consommation.

Vous feriez une grave erreur, sombre oryctéropes, de penser que l’évocation de ces petits moments de ‘’bonheur’’ me contrarie. Le simple fait de visualiser la fin de semaine prochaine, accompagnant le Pépère dans notre périple de deux jours vers Québec me rempli d’une joie totale. Pour l’expérience et…pour la CAUSE !!!

Je ne crois pas me tromper en disant que le Pépère et moi, sommes des hommes de peu de mots mais que nous pouvons être aussi, socialement très avancés. Alors nous serons à la fois seuls sur nos bécanes et entouré d’une bande de 2000 autres joyeux lurons.

A partir de maintenant bandes de  porc-épic mal embouché, tenez-vous le pour dit, LE VRAI BONHEUR aura lieu le 09 et 10 Juillet entre Montréal et Québec pour nous et à l’arrivée pour vous chers lecteurs fidèles et complices de notre aventure.

Le Capitaine Haddock à bécane……..!

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Des nouvelles du Pépère à vélo – 19 – 3 juillet 2011

Des raisons de vivre pleinement

On s’approche de la fin.  À travers les péripéties des derniers mois, Le Capitaine et moi avons voulu, sans préméditation toutefois, vous exprimer que s’embarquer dans un Cyclo-défi contre le cancer, c’est une façon que nous avons trouvé de donner un morceau de signification à nos vies.  Dans la chronique d’aujourd’hui, certains d’entre vous avez pris le clavier pour décrire des moments où il fait bon vivre.  Je vous laisse la parole.  Je vous présente ces moments dans l’ordre chronologique où ils m’ont été envoyés.  Si par mégarde, j’en aurais oublié, faites moi signe gentiment et je les ajouterai avec grand plaisir.

  • Yolande, que j’appellerai ici la cousine fidèle, me soutient dans mon aventure depuis le premier jour du cyclo-défi de l’an dernier:

Comme tu le sais, mon mari est décédé il y a 3 ans d’un cancer et ce à l’âge de 56 ans. J’étais complètement effondrée (nous nous sommes connu à l’âge de 13 ans, nous étions donc ensemble depuis 43 ans), on venait de m’arracher les deux jambes à froid. Mes deux petits-fils avaient alors respectivement 5 1/2 ans et 15 mois. Le plus vieux m’avait serré très très fort dans ses bras en me disant « Je t’aime grand-maman, je ne veux pas que tu mourres comme grand-papa » et à un autre moment celui de 15 mois essuyais mes larmes avec son petit doigt et il m’a dit dans son langage qui n’était pas encore très franc « Peures pas grand-maman, e t’aime moi ». Ces petites phrases toutes innocentes m’ont sauvé et encore aujourd’hui chaque fois que je vois mes petits-fils ou que je leur parle au téléphone, je me dis que pour ces moments de bonheur je veux vivre encore longtemps malgré le grand vide qu’a laissé dans ma vie le départ de mon grand AMOUR et mon merveilleux compagnon de route.

Bonne journée

Yolande (9 mai 2011)

  • Françoise, c’est la petite marathonienne du Haut-Anjou.  À la fin mai, elle a couru pour la première fois un marathon, celui d’Ottawa

Les moments agréables pour moi sont lorsque j’ai accompli une chose que ne croyais pas être en mesure de faire. Courir trois heures alors qu’il y a un an, une course de deux heures était un exploit, aider mon garçon en mathématiques ( matière pour laquelle je suis peu douée), régler un dossier au travail à la satisfaction de la personne que je représente et pour lequel je ne voyais aucune issue satisfaisante.

J’aime les moments où l’on peut croire en l’être humain, dans sa bonté, sa générosité, dans son don de soi et pour lequel je n’avais aucune attente, des gestes gratuits qui font tant plaisir et qui demandent si peu. Je suis heureuse lorsque je reconnais les gestes des autres car je me dis que j’ai l’esprit assez ouvert pour reconnaitre la gentillesse des autres.

Je m’accroche à ses petits moments car ils sont nombreux et facilitent le quotidien.

Françoise (16 mai 2011)

  • Martine c’est l’aînée des Châtelaines de Monsabré.  Elle m’a présenté ce texte pour le cyclo-défi de l’an dernier.  C’est avec plaisir que je le reproduis cette année. 

Après bien des réflexions sur un moment de bonheur qui pourrait faire image pour toi, je pourrais te parler de plusieurs souvenirs culinaires, tu t’en doutes bien !

Que ce soit les patisseries dégustées en vacances au chalet de St-Matthieu, en temps normal interdites … ou l’odeur du steack haché le samedi soir qu’on mangeait avec des patates pilées et de la sauce Bisto, en pyjama après avoir pris un bain, et juste après Bugs Bunny à la télé … ou alors ce hamburger de la mer, aux Iles, dans ce bistro qui n’existe plus (le Régal II) pendant que Chantal Joli enregistrait devant nous sa dernière émission de radio sur la terrasse … nombreuses sont les images alimentaires !

Mais celle qui me semble le plus correspondre à la demande que tu nous formules s’est passée il y a quelques années, alors que, croyant vouloir ré-orienter ma carrière, je m’étais inscrite à un cour de graphisme au collège Ahuntsic.

Exercice d’humilité parfois de côtoyer des jeunes aux pantalons portés bas sous les fesses et qui m’appelaient « Madame » …

Exercice stimulant la plupart du temps où le plaisir de créer et celui d’apprendre allaient de pair.

Pour un travail, je devais réaliser une affiche sur le thème des sans abris.

J’avais choisi de faire comme une campagne de financement pour la Maison du Père.

Après avoir fait beaucoup de croquis et d’essais _ entre autre un genre d’atelier de créativité avec tes fils _ c’est finalement un dessin de Félix qui m’a assez inspirée pour que je pousse l’idée un peu plus.

En classe, des « jeunes à culotte basse » m’ont aidée à trouver la police de caractère imitant l’écriture d’enfant, mon professeur m’a donné une idée pour ajouter un élément de plus dans l’affiche, j’ai passé des heures de travail à changer la couleur, à replacer ceci ou cela …

Finalement, je me suis retrouvée chez un imprimeur qui a transposé sur un assez grand papier le résultat de tout ce travail.

Quelle fierté !

En sortant de chez l’imprimeur ce jour-là, j’étais tellement contente et fière du résultat que j’ai pensé très clairement; « si le bonheur existe, ça se rapproche de ça ! ».

Voilà; un pur moment de bonheur, non seulement parce qu’un projet longuement préparé était devenu tout à coup concret mais aussi, et surtout, parce que si j’avais pu me rendre à ce résultat c’est qu’il y avait eu mes idées, mon travail et beaucoup d’aide alentour.

C’est ce que je te souhaite le week-end prochain: la fierté de réaliser ce que tu prépares depuis des mois grâce à ton travail, ta persévérance et aussi grâce au support de tes proches et de tous ceux qui seront avec toi (en personne ou en pensées) tout au long du parcours !

Plus encore, je te souhaite de continuer, après le 11 juillet, à prendre soin de toi et à profiter de la vie, à pied, en vélo ou en famille ! »

Ta belle-soeur Martine ! (Maintenant appelée « l’aînée des Châtelaines ») (22 mai 2011 et une date qui m’est inconnue en 2010)

  • Marie c’est bien sûr la blonde/maîtresse.  C’est avant tout dans ce cyclo-défi ma grande complice du défi d’écriture.  Il y avait des petits coeurs comme puces pour chaque paragraphe mais je n’ai pas trouvé comment les reproduire.

Mes moments où il fait bon vivre… pour toi, de moi!

La chanson « Les eaux de mars » de Antonio Carlos Jobim, dans toutes les versions possibles;

Vas voir…  Tu trouveras plein de versions!  Je te conseille celles de Georges Moustaki, de Stacey Kent, d’Art Garfunkel  (wow…la vidéo) et de Monica Freire+Arianne Moffat (ça devient une chanson universelle – http://www.youtube.com/watch?v=eqXmpG7Mqb0

Cette chanson éveille à chaque fois quelque chose de très profond en moi.  C’est le printemps, comme les glaces qui décollent dans un grand, lent et constant mouvement… et l’espoir de quelque chose de bien. Est-ce parce mon anniversaire est au printemps?  Je ne sais pas, mais c’est moi!

Une autre chanson : « What a beautiful word » de Louis Armtrong;

Après avoir accouché de Félix et de Mathilde, Annie et moi on s’était inscrites à un cours de remise en forme et cette chanson-là jouait toujours à la fin du cours.  C’est un souvenir heureux, ça me faisait toujours verser une petite larme.  On retrouvait les bébés tout de suite après, dans l’autre salle de danse, face aux miroirs et on allait ensuite boire quelque chose ensemble!  Une bien belle période!

N’importe où aux Îles, tu le sais bien : la véranda sur pilotis dans notre première maison; sur la plage de Pointe-aux-loups, couchés sur le dos à surveiller les étoiles filantes; dans notre maison la plus récente, en train d’écouter les petites annonces de la radio locale; sur le dessus du Big Hill à l’île d’Entrée;  sur la plage de l’île Brion comme dans un épisode heureux de la série Perdus; dans le courant fort au bout de l’île Boudreau; la découverte des massages d’Héléna dans des conditions extraordinaires dans la petite maison à moustiquaires… Les souvenirs sont sans fin et encore à venir, j’espère!

Premier voyage tous les deux dans les Maritimes : minuscule cabane à l’Île-du-Prince-Édouard, ton chapeau vert, du vélo dans les sentiers du parc de Kouchibouguac, tes coups de soleil bizarres…

La fois où on a fait du vélo ensemble près de la rivière Richelieu, la fin de semaine où Simon est né.  L’auberge des Trois Tilleuls.  Il avait plu, mais c’était même pas grave!

Le matin du jour de ton opération : jamais eu aussi peur de te perdre… Toute la journée à attendre avec l’angoisse.  Enfin, te voir aux soins intensifs.  Le mot « intense » prend tout son sens.

Les moments de complicité entre nos deux garçons : ils sont si différents l’un de l’autre…  Lorsque nous sommes  témoin de l’un de ces moments où ils se rejoignent, même si c’est à nos dépens qu’ils rient, c’est du pur bonheur!

J’espère que tu auras du temps pour penser un peu les 9 et 10 juillet prochains.  Deux jours pleins de fierté, d’efforts, de solidarité, de satisfaction face à du travail accompli…  Je penserai à toi… Et mes pensées t’accompagneront!  Je t’aime!

Marie  (5 juin 2011)

  • Sylvie Gagnon, appelons-la la voyageuse au regard différent, est une de mes anciennes employées à Info entrepreneurs.

Vivre en symbiose avec la nature 

Au delà du fait que nous avons décidé par choix, de ralentir de cette vie professionnelle trépidante, nous sommes encore loin du moment où nous écoulerons nos journées dans une chaise berçante à regarder le temps passer.

Lors de notre dernier séjour de 6 mois en Arizona et dans le Anza Borrego State Park, Californie à l’hiver 2011, nous avions tous les deux la volonté de retrouver un certaine forme physique. Pour débuter, nous avions comme objectif très conservateur de marcher à raison de 30 minutes, 3 fois par semaine tel que recommandé.

Or, notre intérêt pour la faune, la flore et la géologie si riches de cet environnement désertique s’est vite développé et nous a rapidement amenés à nous surpasser afin d’en apprendre et d’en voir le plus possible. Notre objectif est donc passé à 30km de marche et de randonnée pédestre par semaine.

Et nous l’avons atteint ! Au total, nous avons parcouru plus de 600 km durant notre hiver, soit l’équivalent d’un aller-retour Montréal – Montmagny.

Mais, il y a eu des moments de découragement,  se demandant pourquoi on se donnait toute cette peine avec, comme résultat fatigue, inflammation au dos et aux genoux et coup de chaleur. Mais on finissait toujours par continuer à marcher, afin d’atteindre notre objectif. On se disait qu’on n’était pas obligé (on aurait pu rester assis bien tranquille dans notre chaise longue près de la piscine)…(Note, vous pouvez mieux voir ces photos en cliquant dessus)

Et soudain, quand on s’y attendait le moins voilà que surgissait droit devant nous :

–          un plant de ghost flower avec ses splendides fleurs si fragiles et si robustes à la fois, lové à flanc de falaise, dans un recoin isolé de toute civilisation;

–          une formation géologique inusité : le fossile de ce qui a déjà été une vague marine il y a de cela 4-5 millions d’années;

–          une mère bighorn et son nouveau né de quelques semaines qui apprend les rudiments de la vie de montagne, pour assurer sa survie ou encore

–          une chaine de montagnes, à perte de vue, du haut de notre point d’observation.

C’est à ces moments précis que tous les désagréments physiques disparaissaient et faisaient place à des moments de réussite pour nos efforts, moments infiniment merveilleux et gratifiants, tels une récompense de Dame Nature. C’est aussi à ces moments précis que la vie prenait tout son sens : le choix que nous avons fait d’apprendre à mieux vivre en symbiose avec la nature.

Bonne course Yvan, et surtout, ne perds pas de vue l’objectif que tu t’es fixé depuis toutes ces semaines, la réussite est proche !

Sylvie Gagnon et Jean-Pierre Arcand

7 juin 2011

  • Francine, en plus d’être ma première patronne à Statistique Canada (on remonte à 1978), est connue par vous comme la Trotteuse du Haut-Canada.  Pour une troisième année, elle a marché 60 km en un week-end pour ramasser de l’argent pour la recherche contre le cancer du sein.

Réflexions qui me motivent durant la marche de 60 km pour vaincre les cancers féminins

Les images qui me motivent sont encore tellement vives dans ma mémoire, même si certaines semblent très lointaines.  Au cours de ma vie, j’ai vu plusieurs personnes de ma famille et des amies emportées par le cancer.  Certaines ont souffert plus que d’autres, mais dans tous les cas, la souffrance était présente.

Je ne me souviens pas vraiment de mon grand-père, car je n’avais que 5 ans lorsqu’il est décédé. On m’a dit que sa maladie fut assez courte.  Par contre mon oncle Jacques qui était très souvent à la maison, est décédé d’un cancer très souffrant.  Il était dans la cinquantaine quand il nous a quittés.  Je me souviens être allée le voir à l’hôpital et j’ai en mémoire cet homme couché sur son lit et son regard de souffrance.

Puis il y eu ma belle-mère qui a d’abord eu un cancer du sein et ensuite un cancer des os. Après plus de trois ans de traitements, elle fut clouée à un lit d’hôpital dans sa maison pendant plus d’un an.  Toutes les fins de semaines, je la veillais les vendredis soirs, durant toute la nuit et encore plusieurs heures durant la fin de semaine.  Elle a tellement souffert, elle ne pouvait plus rien faire seule.  Même pour manger, elle avait besoin d’aide.  Puis une personne qui travaillait dans mon équipe et qui était devenue une amie, est décédée d’un cancer du cerveau. Elle avait combattu un cancer du sein, trois années auparavant. Les derniers mois de sa vie se sont passés à l’hôpital. Elle ne pouvait plus parler ni écrire pendant plus de 9 mois.  Elle ne pouvait que communiquer avec ses yeux. Elle venait tout juste d’avoir 49 ans lorsqu’elle est décédée.

Il y a évidemment ma famille très proche.  D’abord mon frère Jean-Pierre atteint d’un cancer rare.  J’ai tellement souhaité que la recherche soit assez avancée pour trouver le moyen d’enrayer son cancer.  Mais ce ne fut pas le cas. Il est décédé à 65 ans.  Finalement, il y a ma sœur Louise qui est la seule survivante.  Elle a combattu un cancer du sein, il y a trois ans.  Pour le moment tout va bien et on espère qu’elle puisse dépasser 7 années comme survivante pour se faire dire qu’elle est tout à fait guérie.

Alors quand j’ai besoin de motivations, je pense à toutes ces personnes et je revois leurs yeux creux, leurs têtes sans cheveux, leur teint tellement pâle et aussi la souffrance sur leurs visages.  Ce ne sont pas des images qui sont gaies, mais si tu savais à quel point je trouve que les crampes aux jambes, les pieds qui brûlent, la pluie qui s’abat sur moi ou le soleil qui me chauffe et me donne soif … ce n’est rien à côté de leurs souffrances.

Mais j’ai aussi des pensées plus ensoleillées … tout particulièrement le levée de soleil sur le Lac Simon, celui au haut d’un volcan en 2006 avec Andréanne à Hawaii, à 3 heures du matin.  Puis viennent des images lointaines de paysages magnifiques dans les montagnes en Suisse.  Finalement, il y a le sourire de mes deux grands, Andréanne et Alexandre, et le fait qu’ils me disent encore très tendrement ….«Maman, je t’aime».  Alors, au fond de moi, je marche aussi pour être en forme encore longtemps, car je sais à quel point c’est difficile de perdre sa mère quand on est jeune.

Voilà, ce sont les images principales qui me motivent lorsque je fais la marche de 60 km et aussi durant mon entraînement.

Je te souhaite une très bonne randonnée.  En espérant que le temps soit agréable et que le vent soit absent ou dans ton dos.   Merci pour ton implication et ta motivation.  Je serai avec toi de tout cœur.

Amicalement,

Francine (24 juin 2011)

  • Depuis quelques années, j’ai le bonheur et l’honneur de connaître Jean-François Bouchard, directeur de l’école secondaire Henri-Bourassa.  Si vous cherchez un école publique qui n’a rien à envier à quelque collège privé qu’il soit, celle-ci a mon vote.  Je suis sur le Conseil d’établissement depuis trois ans et je peux témoigner sans hésitation de l’énergie et du dynamisme de l’équipe-école.  Sans se le dire, nous avons un décorum entre nous.  De façon officielle, on échange avec des Monsieur Bouchard et des Monsieurs Deslauriers. Puis en tête-à-tête, c’est Jean-François et Yvan.  À partir de maintenant, il y aura aussi le directeur à moto.

Aujourd’hui pour me rendre au travail j’ai utilisé mon véhicule à deux roues…ma moto! Ce n’est pas un vélo je le sais, mais quand même! Je m’immobilise à une intersection et une jeune fille me regarde avec un air du genre « il me semble que je le connais lui », mon look de motard à la barbe pas faite et au lunette fumée la réconforte « ce n’est pas lui ». Elle se retourne vers sa maman et lui dit « il ressemblait à M. Bouchard mon directeur, tsé celui qui m’avait aidé quand j’avais eu mon problème avec la fille ». Je n’ai pas de souvenir précis de cet événement mais cela a été très agréable à entendre! Un bien petit bonheur mais j’ai passé une belle journée!

Bye!

Jean-François (27 juin 2011)

  • Lyne Pagé c’est la CA du Honduras.  C’est aussi une très grande amie (dans tous les sens du terme) de la Châtelaine Martine.  Elle parle couramment trois langues sans parler de Facebook.  Depuis plusieurs années maintenant elle travaille dans plusieurs pays de l’Amérique du sud (même si techniquement le Mexique n’en fait pas partie, pour moi, il mérite d’être dans cette partie du continent).

Je ne t’ai pas encore écrit mon mot cet année…

Je pense que l’année dernière, je t’avais parlé du plaisir de l’écriture que j’ai découvert quand j’ai commencé à voyager en Algérie, du plaisir que j’avais à toujours chercher un sujet pour la nouvelle chronique, une anecdote et du fun que j’avais à les coucher sur papier après.

C’est certain que pour moi, le bonheur, c’est de voyager, et vivre à l’étranger, c’est aussi voyager, un long voyage…

Mais mon bonheur passe aussi par tout ce qui est de près ou de loin en relation avec la Bouffe…parce que pour moi la bouffe est « rassembleuse ».

Elle est synonyme du plaisir de choisir les aliments avec soin, de les préparer en voulant faire plaisir aux autres, des bonnes odeurs qui s’en dégage, d’une belle grande table avec tous mes amis qui au départ n’avait que « moi » en commun, mais qui au fils des ans se sont trouvé des atomes crochus entre eux, j’ai ici en tête de belles images de souper chez Maryse et Benoit et chez Michel et Lévis.

Mon bonheur, c’est aussi de partager mon amour de la bouffe avec Raphael, mon neveu.

Chaque fois que je passe par Montréal, nous allons faire une visite au Marché Jean-Talon… juste pour le plaisir de goûter, de sentir, et d’être ensemble.. c’est NOTRE moment….et c’est un GRAND bonheur comme en témoigne le dessin que Raphaël m’a envoyé la semaine passée.

Bon Cyclo-Défi!

Lyne aussi connue comme la CA du Honduras! (30 juin 2011)

  •  Félix c’est L’apprenti politicien.  C’est un jeune homme qui grandit avec un esprit critique fascinant avec qui j’ai beaucoup de plaisir à argumenter.  Il me force à mieux comprendre mon environnement et à prendre position.  Ce qui va parfois dans le sens inverse de ses propres positions.

Bonjour papa! 

Je ne sais pas s’il est trop tard pour ta demande concernant les moments où il fait bon vivre. Si non, tant mieux! Si oui, ce n’est pas plus grave que ça. Il m’aura fait plaisir de le partager avec toi.

Il y a plusieurs moments que j’aurais pu raconter, mais celui que je trouvais le plus imagé est le suivant. Lorsque je termine le dernier examen d’une session et que je marche vers le métro en sachant qu’à partir de maintenant, je suis en vacances, je me sens définitivement heureux. Je me sens spontanément un peu plus libre que d’habitude et je sais que je peux laisser le stress derrière moi pour un temps. Je me sens léger, léger, léger. 

Voilà! C’est tout simple.

Félix (2 juillet 2011)

  • Hélène, ma soeur, appelons-la l’infatigable, a toujours un projet, physique ou intellectuel, en plan.  Avec sa détermination et sa persévérance, si elle avait eu les capacités d’une athlète elle aurait sûrement gagné de nombreuses médailles olympiques.  Il y a quelques années, elle a marché le 60km contre le cancer du sein.  Ce faisant, elle a été indirectement l’instigatrice de mon engagement.
Une autre leçon de vie d’Agnès :

Il y a quelques temps, pendant une de nos réunions familiales pour déjeuner au resto avec Mathieu  et Véro (note: son plus vieux et sa copine) (par définition, un moment de bonheur), on planifiait la peinture des murs du condo. Comme ces jeunes sont très occupés, ils ne voyaient pas le moment où le peintre pourrait passer deux jours au condo avec un des deux , pour peinturer.

Après avoir cherché en vains des alternatives, Mathieu me demande si Agnès accepterait de passer un moment au condo, avec le peintre. Je reste perplexe, ne voulant pas imposer à maman une corvée, mais, je dis à Mathieu que je vais lui en parler.

Contre toutes attentes, Agnès était très heureuse, et même émue. Elle a accepté avec plaisir, reconnaissante de la confiance que Mathieu a encore en elle. Même Babe et Marshall (les deux furets) ne la rebutent pas !!! Elle s’est dite reconnaissante à la vie de lui procurer ce genre de bonheur !

La définition des petits bonheurs, ça dépend beaucoup de la lunette qu’on porte !!

Hélène (3 juillet 2011)

  • Le matin du départ, ce texte du Gentil Géant m’attendait sur la table de cuisine.  J’ai souvent eu des déjeuners plus faciles à préparer…

Ce qui me rend heureux…

Le bonheur est selon moi un concept assez large que l’on peut retrouver dans plusieurs petites choses. En effet, pas besoin de quelque chose d’extraordinaire pour se considérer heureux. Que ce soit une personne chère, un lieu qui nous rappelle de bons souvenirs ou encore un objet représentant une expérience inoubliable, les sources de bonheur sont presque infinies! Pour ma part, je me considère chanceux, car chez les Lalande Deslauriers, les sources de bonheur sont abondantes! Cependant, je me concentrerai principalement sur celles qui touchent mon père en particulier.

Yvan et moi partageons un passion commune : le sport. Depuis maintenant une dizaine d’années, je pratique le hockey et mon père manque rarement une occasion de se déplacer avec moi à l’aréna (il y lit ses nombreux livres un peu trop souvent à mon gout, mais, que voulez vous… nous avons tous droit à l’erreur!). Heureusement, contrairement à certains parents, mon père n’est pas un de ces stéréotypes parentaux qui « encouragent » leurs enfants dans les arénas en leur criant des phrases comme « VA LE TUER!!! ». Non, au contraire, mon père un est homme assez calme qui, lorsqu’il lève les yeux de son livre, préfère nous encourager, mes coéquipiers et moi. Lorsque mes parties sont terminées et que mon horaire de fou nous le permet, mon père et moi passons souvent casser la croûte dans un restaurant (j’allais nommer ce dernier, mais je ne crois pas que McDo ait besoin de davantage de publicités!). Bien entendu, en temps qu’adolescent de quinze ans rempli d’orgueil, je ne crois pas lui avoir jamais dit que ces petites escapades d’après-match me rendent très heureux. On y parle de mes bons… et de mes mauvais coups (et oui que voulez-vous!), on discute de la vie en générale et, même des fois, on ne parle presque pas. Cependant, même dans ce dernier cas, le simple fait d’être avec mon père me suffit.

Toujours dans le sport, mon père m’a jadis appris à faire du ski. À cette époque, je trainais souvent de la patte et Yvan m’attendait toujours en avant (les temps ont BIEN changé!). Même si selon ses dires, il est rendu « trop prudent », mon père n’hésite jamais à me suivre dans les pistes aux quelles certaines personnes de son âge n’oseraient même pas penser! Il y a quelques années, nous sommes partis tous les deux dans un road trip jusqu’au Mont Sainte-Anne où nous y avons fait du ski de soirée avant d’aller regarder au chalet de ma tante un fameux match de NOS glorieux, les Canadiens! Ce fut un weekend tout de même assez court où nous avons fait du très beau ski, où nous avons mangé le traditionnel duo « pizza – ailes de poulet » et où nous n’avons pas beaucoup dormi (sans oublier la terrible défaite du CH aux mains des Sharks)! Cependant, comme vous l’avez peut-être remarqué, je me souviens de chaque détail comme si c’était hier! Je serais prêt à dire que dans ma vie (certains diront qu’elle ne fait que commencer) ce fut une des plus belles fin de semaine que j’ai passée. J’étais avec mon père, loin de la civilisation et surtout loin de loi soi-disant règle qui nous oblige à manger des légumes à chaque repas! Un moment inoubliable que je souhaiterais recommencer!

Le bonheur est selon moi un concept assez large que l’on peut retrouver dans plusieurs petites choses. Pour certains, les deux expériences que je viens de décrire pourraient sembler banales… pour moi, elles ont beaucoup de valeur! À une tranche de ma vie où les amis commencent à prendre plus de place et où je commence tranquillement à découvrir l’autonomie, il est parfois agréable de se rappeler de beaux moments passés avec un être très cher. On retrouve le bonheur dans les petites choses, mais Yvan Deslauriers n’a rien de « petit »! Il est un grand homme, un grand père et surtout, un très grand model! Il est une inspiration pour moi et je rêve un jour pouvoir me vanter d’avoir élever mes enfants aussi bien qui lui.

Papa, je n’ai aucun doute que ce « Cyclo-défi 2 » ne fera que démontrer une fois de plus à quel point tu es un homme extraordinaire!

Bonne chance!

Antoine –xxx- (9 juillet 2011)






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Infolettre du Capitaine Haddock (17) le 25 juin 2011.

Le Raton et la Ville

La Ville…!            

Traditionnellement, lieu de travail, beaucoup de béton, de bitume, de gratte-ciels, de commerces, de trous (nous sommes à Montréal). Il y a aussi ce que j’appelle les arrondissements d’extrémités. Nous avons encore la chance, sur notre Ile, d’avoir plusieurs espaces verts qui sont de dimensions assez importantes. Étant résidant de la section appelée Pointe-aux-Trembles, je dois dire que nous sommes gâtés côté nature. Exception faite des raffineries, qui sont de moins en moins présentes nous avons un golf ‘Link’ qui est digne de ce nom. Nous sommes aussi au confluent du fleuve St. Laurent, de la Rivière-des-Prairies et de la Petite l’Assomption. Ce qui fait de cette région de Montréal un endroit où il fait bon vivre.

Seulement il y a un hic à ce bel environnement ; ce lot de verdure abondante amène  avec lui une flore mais surtout une faune des  plus diversifiées. Vous pouvez, d’ailleurs, contempler les cerfs de Virginie aux abords de l’autoroute 40, le matin et spécialement le soir, lors de votre retour du travail. Il y a aussi les bernaches, plus communément appelées, outardes, qui quelques fois nous bloquent le chemin sur cette merveilleuse piste cyclable dans ce parc du bout de l’île, qu’on appelle Parc Nature de la Pointe-aux-Prairies.

Dans cette faune on retrouve aussi un petit animal, que plusieurs trouvent très charmant voir même coquin. Je parle ici du raton laveur. On devrait plutôt l’appeler le ‘raton marcheur’, puisque on en retrouve une quantité assez importante sur nos terrains.

Le Raton Laveur (marcheur)

Depuis environ 2 semaines je suis au prise avec, ce que je crois être une famille de ratons laveurs. Il y a la mère avec ses 4 petits, le père et  probablement 2 ou 3 beaux-frères ou belles-sœurs.

Est-ce une coïncidence ? Il y a aussi à peu près 2 semaines j’ai effectué quelques petits travaux  dans notre cour arrière, ce bout de terrain qui est ceinturée de majestueuses haies de cèdre. Ne voulant pas attendre que le gazon y pousse, j’ai plutôt opté pour de la tourbe que j’ai déroulée.

Quelle ne fut pas ma surprise, un matin en regardant par la porte patio  de voir  chaque laize de  tourbe  à demi retournée. Je m’empresse aussitôt de remettre en place tous les morceaux. Après le troisième matin du même manège j’ai décidé que cela suffisait. Le soir venu j’entrepris de surveiller la cour et à ma grande surprise, j’ai vu la petite famille (la mère et les petits seulement),  s’en donner à cœur joie dans ce que j’appellerai, les labours de la tourbe.

Au début, les visites étaient nocturnes, mais par la suite plus d’horaire, ils étaient là à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Ils sont de plus en plus nombreux et de plus en plus arrogants.

Mes soirées de la dernière semaine se résument à monter la garde et essayer de les faire fuir par le biais d’astuces des plus variées, sans grand succès. Ma blonde commence à être un peu découragée.

A leur dernière escapade ils ont poussés l’audace à son maximum, en ‘reroulant’ toutes les laizes de tourbe…… !

Je m’avoue vaincu et je ferai appel à un exterminateur, pour les attraper et allez les porter de l’autre côté de la rive, dans leur habitat naturel. Enfin, je récupérerai mes soirées.

Pour les ratons la marche sera un peu longue en partant de Repentigny jusqu’à chez moi………….!

Benoit, le Capitaine….

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