Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 14 juillet 2013

Pour cette dernière chronique, nous vous racontons l’histoire du Cyclo-défi comme nous l’avons vécu chacun de notre côté. Je vous raconte l’événement de l’intérieur.  J’ai plutôt opté pour une formule qui « témoigne » de ce que j’ai LU, VU et ENTENDU lors de la fin de semaine dernière…  Dans mon travail (bon, ex-travail maintenant!), lors de certaines réunions, c’était un point à l’ordre du jour, pour nous permettre de rapporter et de faire connaître les dernières découvertes de chacun.

Fin de piste…pour l’instant

Cyclo-défi 2013 Lu, vu, entendu…

Je pédale avec un profond plaisir.  Ce qui peut vous sembler tout à fait logique et naturel ne l’avait pourtant pas été récemment.  J’ai fait connaissance avec le doute.  Depuis la Boucle, pédalée le 15 juin dernier, je n’avais presque pas roulé.  Chaque fois, mon genou s’était un peu plaint.  Je n’étais pas allé voir un médecin, de crainte qu’il m’empêche de participer au Cyclo-défi.  J’étais prêt à avoir mal et à peut-être à m’arrêter sur le bord de la route.  Dans mes scénarios de désastre, je devais dire à Daniel et Carole que tout était OK, mais que je devais arrêter et que je les rejoindrais avec le camion-balai à l’arrivée.

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Carole, Daniel et le Pépère avant le départ… Marie est à gauche avec des lunettes rouges.

Samedi matin, on se dirige en voiture vers le départ.  J’ose penser avoir réussi à mettre mon visage enthousiaste et rassurant mais j’avais un petit nuage gris dans la tête (Je le savais!…).  Puis, le Capitaine Haddock (Benoit, le frère de Marie, pas à Bécane cette fois) m’apporte son orthèse.  C’est un peu normal qu’il en ait une, il est de Pointe-aux-Trembles ( blague que les non-initiés ne comprendront pas, bien sûr, mais que j’adresse spécifiquement à Daniel!).  Je l’ai mise,  comme il se doit, au genou droit, mais c’est immédiatement à la tête que ça m’a fait du bien.  Je ne me souviens que très peu de ce qui m’entourait lors des premiers coups de pédale, toute mon attention allait vers l’appréhension d’une douleur… qui n’arrivait pas.  Et le doute s’est mis à perdre du terrain!

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  • Au départ, samedi matin, j’ai VU plusieurs personnes émues. Certains pleuraient un proche, malade ou disparu. Émouvant, toujours. Tout autant que le rituel moment où l’on transporte un vélo vide symbolisant les personnes décimées par la maladie.
  • Samedi matin, pour la première fois en quatre ans, j’ai VU quelques manifestants munis d’affiches en carton sur lesquelles on pouvait LIRE des messages de désapprobation adressés à la compagnie Enbridge, qui finance le Cyclo-défi contre le cancer depuis 3 ans maintenant.  Ça fait réfléchir… Évidemment, loin d’être contre le financement pour contribuer à la recherche contre le cancer…  Pourtant, je ne mentionne jamais le nom de ce commanditaire principal lorsque je parle du Cyclo-défi… Malaise… Comme si une compagnie de tabac finançait un médicament contre la dépendance au tabagisme…

Pour Carole c’était le premier Cyclo-défi.  Il y a quelques mois, elle n’avait même pas de vélo!  Si j’ai toujours considéré que la famille de Marie est un clan, c’est pareil pour Carole.  Au départ, il y a sa mère, sa tante, son oncle, une amie, toute une équipe d’anges gardiens qui s’amplifiera pendant la fin de semaine, nous accompagnant de leurs encouragements énergiques et de quelques canettes de Coke classique (ce liquide aurait des capacités de stimulation étonnante après une certaine fatigue).  Rouler avec elle me permet de voir comment cet événement est toujours si bien organisé.  Particularité de cette randonnée sous grande chaleur, les encadreurs nous encouragent avec sourire à boire régulièrement.  Nous les écouterons religieusement, ce qui nous permettra un parcours sans crampe et sans chute d’énergie.

Daniel est un compagnon patient et attentif.  Parfois, il a besoin de partir comme une fusée pendant de longues minutes.  Il y a probablement autour de Louiseville une partie d’asphalte brulée, suite à l’un de ses démarrages…

  • Après le départ, pendant que les cyclistes roulaient en équipes, en peloton ou en solitaires sur leur parcours, un peu comme dans une bulle, leur bulle, j’ai pris conscience de l’ampleur de la catastrophe à Lac Mégantic.  « Scotchée » aux divers écrans de la maison, pour VOIR , ENTENDRE et LIRE; pour comprendre l’incompréhensible.  J’ai donc passé la journée du samedi partagée entre mon téléphone cellulaire, pour LIRE les messages-texte qu’Yvan m’envoyait régulièrement de sa bulle d’effort et de bonheur et mon Ipad mini et le fil Twitter et La Presse + en temps réel où l’horreur de l’actualité se précisait en vidéos de minutes en minutes ou l’écran de la télé où les animateurs de RDI, abasourdis mais sobres et professionnels mesuraient l’ampleur du gouffre.  Une autre bulle.  Deux mondes complètement parallèles.

Grâce au clan Baril, l’arrivée à Trois-Rivières est grandiose.  On a l’air d’avoir franchi avec succès une étape du tour de France.  Carole couchera ce soir dans son véhicule récréatif.  Daniel et moi avons réservé une chambre au gîte St-Laurent, avec piscine dans la cour et bière pour se rafraîchir.  Mettons qu’on est loin de faire pitié.  Par messages texte, Marie m’apprend ce qui s’est passé à Lac Mégantic.  J’ai vraiment l’impression d’avoir vécu sur une autre planète dans les dernières 12 heures.

Le souper d’un Cyclo-défi est difficile à décrire.  D’un point de vue bouffe, c’est excellent, en qualité et en quantité.  Mais la session de jasette, assis sur le gazon, à parler de n’importe quoi est un moment de grand plaisir.  Daniel et Carole sont si emballés de leur expérience qu’ils s’inscrivent sur-le-champ pour le Cyclo-défi de l’an prochain.  Moi, dans ma grande sagesse, je le ferai… le lendemain.  On a même pensé à organiser des activités pour faciliter le financement de ceux qui voudraient se joindre à nous mais pour qui recueillir 2 500$ est un frein important.  Est-ce que « l’équipe du Pépère à vélo » verra le jour en 2014?

Daniel, le Pépère et Carole avant le départ de Trois-Rivières

Daniel, le Pépère et Carole avant le départ de Trois-Rivières

Dimanche matin, nous sommes sur la route à 7h00.  La journée devrait être aussi chaude que la veille, on essaie donc de rouler le plus possible en matinée.  Daniel et moi avons l’objectif de bien encadrer Carole dans les dures montées de la fin du parcours.  On a peut-être un peu trop insisté sur la difficulté de ces obstacles; la belle confiance de Carole est un peu secouée.  D’une année à l’autre, je me répète peut-être, mais la route entre Cap-de-la-Madeleine et Sainte-Anne-de-la-Pérade est simplement majestueuse, avec l’accompagnement tranquille du fleuve sur notre droite.  L’arrivée à Sainte-Anne est toujours à couper le souffle.

De beaux nuages nous amènent une peu de fraîcheur.  C’est à Cap-Santé que ça commence à monter… d’abord deux fois.  La troisième montée, c’est la plus difficile.  Heureusement, cette année on passe à Donnacona par la 138: longue descente suivie d’une longue montée en ligne droite, on évite ainsi la rude montée en courts lacets de l’an dernier.  Daniel appuie sa main dans le dos de Carole, j’essaie de maintenir le moral par des commentaires incohérents qui se veulent humoristiques.  Carole se concentre sur un souffle qui devient de plus en plus court.  En haut de la montée, il y a un feu de circulation… et, heureux hasard, c’est la famille de Daniel, cette fois, qui nous acclame.  De là, il nous reste environ 25 km en montées et descentes exigeantes, mais de moindre envergure que la côte de Donnacona.

On arrive à Saint-Augustin-de-Desmaures accueillis par les encouragements des bénévoles.  De nombreux parents et amis nous applaudissent au fil d’arrivée, à 14:03 heures.  On arrive sous une arche surmontée d’un écran géant.  On se voit arriver!!!

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Arrivée à Saint-Augustin-de-Desmaures, on a presque l’air en forme!

  • Lorsque les cyclistes passaient à la ligne d’arrivée, leur nom était dit au micro et ENTENDU par les intéressés. Chaque cycliste a une puce électronique intégrée à son casque. Grâce à cette puce, les gens qui animent à l’arrivée ont accès aux données et peuvent mentionner les noms des valeureux cyclistes.  De plus, on n’arrête pas le progrès, certaines vidéos s’adressant aux cyclistes qui arrivaient étaient présentées et VUES au même moment! Wow! Imaginez… le ou la cycliste arrive enfin, heureux,  ENTEND et VOIT sur l’écran géant un court film avec des personnes qui l’aiment et qui le félicitent …

Les moments qui suivent sont une suite de cris et d’embrassades.  Marie, la bonde/maitresse, m’ouvre les bras tout en me disant que je suis « dégouttant »!  J’ai rarement vu un si beau sourire fatigué que sur le visage de Carole.  Quel beau trio nous avons été dans ce défi!

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LA photo !!!

Le marathon d’écriture de cette année nous a permis d’explorer plusieurs types de communications avec plusieurs moments de bonheur.  Des mercis particuliers aux élèves et aux membres du personnel de l’école Wilfrid-Bastien, qui ont embarqué avec enthousiasme dans la création d’histoires à partir d’une amorce de récit que nous leur avions proposée.  Jouer le rôle de lecteurs a été pour nous source de belles découvertes.

Si vous nous avez lus depuis janvier, vous avez déjà compris que l’année 2013, avec notre retraite professionnelle, est pour Marie et moi un tournant important dans nos vies.  Partager ces mois avec vous nous a apporté beaucoup.  Vous ne pouvez soupçonner le petit plaisir que vous nous faites quand, dans un courriel ou dans une conversation, vous nous parlez de nos chroniques dominicales.

Écrire chaque semaine pendant 26 semaines avec Marie a été un défi fascinant et  réellement gratifiant.  Merci, ma blonde/maîtresse, pour ta si généreuse complicité dans ce projet.

  • Voila! C’est notre dernière chronique pour cette année…  J’aimerais préciser le plaisir que nous avons eu, encore une fois,  à réaliser ce Défi d’écriture, chaque semaine depuis le 6 janvier dernier.  Cette année, j’ai vraiment pris conscience du besoin que j’ai d’écrire; j’aime corriger, fignoler, relire et reformuler, ça, je la savais déjà.  Mais cette année, j’ai aussi parfois initié certains sujets et piloté occasionnellement des défis d’écriture plus près de ma réalité.  Grand plaisir!!! Vos commentaires ont été source d’encouragement, puisque l’un des plaisirs de l’écriture est celui d’être LU…

En septembre, à la rentrée, pour la première fois depuis une trentaine d’années, je ne retournerai pas à l’école… Mais je retournerai au plaisir de l’écriture, c’est certain!  Je ne sais pas encore quelle forme cela prendra, mais j’y réfléchis…  Peut-être un autre blogue? Qui sait?!

Et on s’embarque pour une cinquième année!  La cause de la recherche sur le cancer et celle des bonnes habitudes de vie en valent la peine.  C’est une aventure aux retombées surprenantes.  Si vous souhaitez vous joindre à nous, dites-le moi par courriel.  Dès septembre, Carole, Daniel et moi nous réunirons pour déterminer notre calendrier d’activités de financement et d’entraînement.  Tirages, brunch, méchouis, week-end d’emballage et autres idées seront considérées.  On vous en reparle, c’est sûr…

Merci d’être fidèlement à l’autre bout de nos chroniques…

Bon été et bonnes vacances à vous  tous!!!

Yvan et Marie

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Des nouvelles du pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 30 juin 2013

Inspiration

Cette semaine, tel que convenu, un amalgame de vos textes et des nôtres, pour célébrer des personnes inspirantes. Chaque année, ces moments nous ravissent et nous surprennent! Cinq textes donc, cette fois-ci:

Une chronique inspirante, de Françoise, qui célèbre de bien belles amitiés;

Une équipe, de Yvan, qui célèbre les gens de H-B;

Ouverture et disponibilité au changement, de Marie, qui célèbre une personne qui entreprend bientôt un grand changement ;

Éloi et Monique, de Sylvie et Jean-Pierre, qui célèbre un couple étonnant et

Éloge de la modestie extraordinaire, de Martine, qui célèbre les efforts de gens qui ne feront sans doute jamais la une des journaux!

Une chronique inspirante

Bonjour,

Je me permets de vous partager un moment qui m’a inspirée. C’était jeudi dernier en votre compagnie et celle de tous les parents.

Lorsque nos enfants ont quitté le primaire, j’avais organisé un souper au resto avec tous les parents de la classe. J’étais très heureuse d’être assise avec Daniel, Annie, Françoise, Christian et vous deux. Je m’étais dit que j’aimerais refaire ce souper dans cinq ans. Je m’étais également dit que j’aimerais approfondir des relations amicales avec certains des parents…

Cependant, je croyais que la vie ferait en sorte que Francis développerait d’autres amitiés et que ses amis du primaire prendraient le bord. Chaque début d’année scolaire, je lui demandais, avec anxiété, qui était avec lui dans sa classe. En secondaire 3, je crois que j’étais plus énervée que lui que toute la gang parte en Espagne… Ce fut une belle année, il y avait du financement à faire, donc des occasions de revoir ces parents si gentils. Et puis à l’aéroport, tu nous sa demandé si on voulait s’inscrire à ton blogue; ce fut une autre façon de maintenir des contacts. J’étais très heureuse.

En 2012, ce fut l’aventure du Cyclo-défi avec Dominique. Il a été tellement content de participer et d’avoir un objectif à lui au lieu de regarder sa blonde courir et atteindre ses buts; il aurait lui aussi un grand but, “un moment de gloire”.

En septembre 2012, j’étais heureuse pour Francis qui débutait sa dernière année de secondaire mais émotive car je sentais qu’une fin allait arriver, LA FIN que je redoutais tant. Et non, cette petit gang d’amis tellement soudés ont choisi d’aller au même CEGEP, sauf un malheureusement.

Jeudi, j’ai reçu avec beaucoup d’émotions ces mêmes parents et un peu plus. J’ai trouvé nos enfants si beaux (depuis vendredi, mes collègues m’appellent “couguar” et ils se croient obligés de me rappeler que ces enfants ont 17 ans et non 18 ans…). Visiblement ces garçons s’apprécient et ont tissé des liens serrés. Et visiblement, les parents présents étaient fiers de leur enfant mais fiers aussi des autres qu’ils avaient vus grandir.

Leur amitié est sincère et unique. Je ne peux m’empêcher de croire qu’il y a des parents, nous tous, qui avons contribué à maintenir cette amitié. On les a accueillis chacun notre tour, on les questionnés sur les success et les peines des autres, on les a trimballés dans nos voitures, on les a fait parler sur notre propre enfant, bref on s’est intéressé à eux, on les a respectés et jamais jugés. Eux aussi nous ont inspirés. Le noyau est demeuré mais ils ont été ouverts à d’autres amitiés et nous ont forcés à démontrer une ouverture d’esprit par certains des choix qu’ils ont faits.

photo

Francis, le fils de Françoise et de Dominique est le deuxième à partir du haut.
Antoine, le Gentil Géant, porte une boucle rouge.

Mais je dois te rendre un hommage, Yvan. Tu as été, pour moi, celui qui a initié tout cela. En cinquième année, au primaire, tu as pris la parole dans la classe pour nous faire partager, avec passion, les vertus de l’internationale au secondaire. Après ta présentation, Dominique et moi avons décidé de laisser, à Francis, le choix de son école. Plusieurs ont dû faire la même réflexion et nos enfants ont choisi de suivre leur instinct et leur gang. L’autre moment fort a été celui à l’aéroport, au départ pour l’Espagne. Tu nous as parlé de ton blogue, on a embarqué dans l’aventure et des liens plus profonds se sont développés.

Le souper de jeudi représentait, pour moi, la conclusion d’une étape si importante dans la vie de nos enfants. À partir de maintenant, on ne peut que les supporter dans les choix qu’ils vont faire et espérer le mieux. Mais ils débutent la vie adulte avec des amitiés qui ont su résister au temps.

En conclusion, je veux vous dire merci à vous deux, Marie et Yvan. Vous avez agi comme un fil conducteur pendant toutes ces années.

Alors bon défi à toi, Yvan, à Daniel et à Carole. Au plaisir de vous revoir bientôt!

Françoise – la marathonienne du Haut-Anjou

Une équipe

Dans ce texte, j’ai choisi de ne nommer que quelques personnes. J’aurais voulu vous en présenter bien davantage mais j’étais sûr d’en oublier. Mon hommage vise tous les gens œuvrant à cette école.

J’ai côtoyé ce groupe pendant sept ans et même si, à l’occasion, je leur ai exprimé ma gratitude, je me gardais une certaine retenue. C’était le bal des finissants cette semaine. Je n’ai plus d’enfant à cette école. Je peux donc en parler plus librement.

Évidemment quand, avec nos enfants, on a choisi une école secondaire, on souhaitait trouver un lieu où pendant cinq ans, au cœur de leur adolescence, ils trouveraient, chacun, un environnement stimulant académiquement et humainement. Malgré les gros préjugés que je pouvais avoir à cette époque à propos d’une école à Montréal-Nord, celle-ci offrait un programme international; c’était l’élément déclencheur.

Le charme a commencé à opérer lors de l’événement « porte ouverte ». Nous avons été accueillis par des gens aux yeux rieurs, enthousiastes, compréhensifs et passionnés. Il y avait cette prof d’anglais, Sandy, qui nous a décrit le programme d’anglais comme on décrit un feu d’artifice et cet autre enseignant, Bernard, qui nous a parlé des voyages avec une chaleur communicatrice. Nous avons rencontré les enseignants de l’équipe de français, qui nous ont fait rêver en nous parlant des romans qui seraient exploités au fil des années. Des gens engagés dans tous les départements qui faisaient valoir leur discipline et leurs réalisations dans un contexte souvent surprenant. Nous en étions au tout début d’une belle et grande relation.

Comme parent, ce n’était pas mon rôle de « tomber en amitié » avec l’école de mes garçons. Je me suis fait avoir. Si je m’en suis approché à cause du programme international, je m’y suis attaché à cause de mon admiration pour le travail de ces hommes et de ces femmes auprès de tous les 2 000 jeunes de cette école. Ce que j’y ai vu, c’est la mise en commun d’énergies et de talents les plus divers dans un but unique: donner à chacun de ces jeunes des occasions de trouver LEUR voie.

Je garderai dans mes souvenirs les plus chers toutes ces occasions : à l’école bien sûr mais aussi dans un aéroport, dans un studio de télévision, dans un salon funéraire ou dans une église, lors de jours de semaine mais aussi quelques samedis et dimanches. Je me souviendrai de tous ces galas des Henri, de la naissance de la mascotte, du défilé de mode éthique, des voyages et des sorties, HB TV et surtout de chacune des rencontres lors des remises de bulletins.

Dans les années ’80, j’ai suivi avec plaisir une émission américaine, Cheers. Ça se passait dans un bar/resto de Boston où l’on suivait la vie de plusieurs habitués. La chanson thème de l’émission disait que c’était l’endroit « Where everybody knows your name (où tout le monde vous connaît) ». Aujourd’hui j’éprouve ce sentiment d’appartenance par rapport à l’école Henri-Bourassa (est-ce que je peux maintenant l’appeler « HB » à l’anglaise comme les jeunes?).

Merci à toi, Jean-François et à chacun des membres de ton équipe pour cette impressionnante réalisation.

Yvan – le Pépère à vélo

P.S. Je vous propose une courte visite « souriante » de cette école: http://www.youtube.com/watch?v=VvZ-t80legM

Ouverture et disponibilité au changement

Yvan a choisi de saluer l’équipe d’Henri-Bourassa et je partage chaque mot qu’il a écrit. Plusieurs personnes m’inspirent. On a besoin de modèles pour aller plus loin. Ces personnes fluctuent et nous allument, selon le moment et les événements de nos vies.

Parce que je vis actuellement un changement de cap et de vie important, j’ai choisi d’écrire à propos d’Isabelle Dupré. J’ai connu Isabelle à l’école primaire Wilfrid-Bastien, où elle enseigne aux petits de 1re année. Je l’admire, comme j’admire plusieurs de ses collègues d’ailleurs, pour le respect dont elle fait preuve envers ses élèves, pour son calme (apparent!), pour son ouverture d’esprit face à l’innovation pédagogique, pour sa discrétion et pour sa simplicité. Je le répète, plusieurs enseignants de cette école m’impressionnent pour ces mêmes raisons. Wilfrid-Bastien est un terreau fertile pour la motivation!

Mais c’est pour un choix de vie plus personnel qu’Isabelle m’inspire par les temps qui courent… D’ailleurs, l’ai-je mentionné? Isabelle court. Sans relâche, depuis quelques années, elle a entrepris de s’entraîner sérieusement et elle court. Il faut la voir courir, allègre, gracieuse, légère, discrète, déterminée et rigoureuse. Elle a participé à des courses de quelques kilomètres, à des demi-marathons, puis à des marathons complets. Elle a aussi porté les « oreilles de lapin » : les lièvres de cadence parcourent le trajet d’une course durant un temps spécifique. Leur objectif est d’aider les nouveaux coureurs.

L’an dernier, elle a accompagné dignement sa mère dans une dernière course contre le cancer. Des mois difficiles pour toute la famille puisque cette maladie bouscule et ne laisse pas de répit.

Le 3 juillet prochain, Isabelle s’envolera avec son fils et son amoureux pour un périple d’un peu plus d’un an autour du monde. Une année pour découvrir des modes de vie et des codes différents, pour adopter les rythmes d’ailleurs, pour goûter et mordre à pleines dents dans des cultures nouvelles, pour marcher, rouler, grimper et survoler des chemins nouveaux.

Le périple m’impressionne, bien sûr, mais les conditions dans lesquelles il est entrepris aussi, sinon plus… Partir avec quelques vêtements et l’essentiel seulement, réduire à presque rien ce qu’on apporte avec soi… C’est tellement loin de la conception que j’ai du voyage, moi qui me déplace comme un escargot, avec le poids d’une maison sur le dos, au cas où…

Isabelle m’inspire parce qu’elle part en laissant derrière elle tout ce qui n’est pas essentiel et risquerait de l’alourdir. Par sa légèreté, elle s’ouvre à ce qui est devant, nouveau et disponible. Elle a la force de larguer les amarres.

Dans près d’un an, elle reviendra et retrouvera logis, biens entreposés, travail, amis et famille laissés temporairement derrière elle. Dans un an elle reviendra avec « des souvenirs qui serviront d’amarres pour attacher sa vie » (Christiane Frenette, 1997).

Bon voyage, Isabelle !

Marie – la blonde/maîtresse

Éloi et Monique

Nous aimerions vous présenter non pas une mais deux personnes qui sont très inspirantes pour nous :

Éloi Arcand, 100 ans, et son épouse, Monique, 99 ans et 1 mois; oncle et tante de Jean-Pierre. Et oui, vous avez bien lu. C’est donc plus de 199 années de vie cumulées à eux deux seulement!

Monique et Éloi sont en bonne santé physique tous les deux, très vifs d’esprit, avec une mémoire, ma foi, à en faire jalouser plusieurs. Ils demeurent en résidence pour personnes autonomes. Après 76 ans de mariage, ils forment un beau petit couple, amoureux et très attentionnés l’un à l’autre. Leur optimisme et leur joie de vivre sont communicatifs.

Toutefois, la vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille pour eux. Monique a surmonté un cancer du sein, Éloi, lui, un cancer de la peau (mélanomes). Ils ont également vécu le grand chagrin de perdre leur fille cadette, Louise Arcand, animatrice et lectrice des nouvelles à Radio Canada, d’un cancer au cerveau alors qu’elle était âgée de 48 ans. Chaque fois, ils ont su faire face à ces épreuves ensemble en gardant espoir dans la VIE et en profitant de chaque moment qui leur était donné.

Côtoyer ce «jeune» couple est tellement inspirant. Il se dégage d’eux une telle sagesse et une telle énergie. On réalise que la vie est un précieux cadeau reçu et que nous nous devons d’en prendre bien soin, comme nous le ferions avec un diamant.

Nous avons eu le plaisir de souligner le 100e anniversaire d’Éloi le 19 mai dernier. Nous sommes encore sur l’adrénaline d’avoir vécu un tel événement si rare dans nos vies.

Source d’inspiration, source de motivation et surtout source de leçon de vie : longue vie à vous deux Monique et à Éloi ! Merci de partager nos vies.

À lire : http://www.lechoabitibien.ca/2013/06/12/eloi-arcand-a-fete-ses-100-ans

Sylvie Gagnon, la Voyageuse au regard différent et Jean-Pierre Arcand, son conjoint

Éloge de la modestie extraordinaire

Ma réflexion autour de votre demande de texte m’amène tout près de nous. En effet, faut-il nécessairement imaginer des personnes extraordinaires comme source d’inspiration?

À force de chercher loin de soi, on oublie toutes ces personnes qui, dans leur quotidien bien humble, font des efforts inestimables.

Depuis quelques années autour de moi, des personnes ordinaires prennent en main leur destinée et font ce qu’il faut pour atteindre un objectif de longue haleine.

Devenir plus en forme, améliorer sa santé, perdre du poids, changer une mauvaise habitude et la remplacer par une meilleure, s’améliorer, devenir meilleur… Autant de petits objectifs qui sont en fait de grands efforts quotidiens, pas toujours visibles et dont les résultats ne sont pas foudroyants mais s’installent subtilement, un jour après l’autre.

Alors, quand on côtoie ces personnes régulièrement, on n’y voit presque rien. Parfois quelqu’un qui ne les a pas vus depuis longtemps nous fait remarquer le changement. On est alors étonné; c’est pourtant bien vrai, la transformation est là, qui nous saute aux yeux, comme par magie observable alors qu’hier on ne remarquait rien.

J’ai quelques exemples que je souhaite saluer grâce à l’occasion que vous me donnez de le faire:

Mon beau frère Yvan, le Pépère lui-même. Sans tambour ni trompette, depuis quelques années, il est revenu à sa santé, s’est entraîné, a troqué sa vieille bécane qui l’avait autrefois bien servi mais qui prenait de l’âge pour une monture plus moderne, est maintenant capable de faire 136 km de vélo en à peine plus de 5 heures, avec le vent dans la face, le genou qui crie et des côtes à monter ! Persévérance.

Ma soeur Marie, la blonde-maîtresse. Patiemment, avec douceur mais sans relâche, elle est passée de presque zéro activité physique à quelques séances de spinning ou quelques sorties à vélo par semaine. Sans relâche, « p’tit train va loin », quelques kilos en moins, elle roule son 30 km de vélo la fin de semaine, pour agrémenter son dimanche …Surprenante!

Ma soeur Julie, la châtelaine de Monsabré qui vit au-dessus de chez moi. Plus de 400 km marchés en 21 jours l’été dernier à Compostelle, avec son sac sur le dos, seule dans cette aventure personnelle. Jogging le dimanche, Cardio plein air et vélo tout l’été l’ont rendue assez en forme pour même planifier de faire la fin de ce chemin mythique l’an prochain, 800 km en deux mois … Rêve réalisé.

Et moi (pas de fausse modestie), autrefois zéro sportive, un brin paresseuse, maintenant 50 livres en moins, entraîneur privé, Cardio plein air et vélo une fois de temps en temps. Sans compter quitter un emploi qui ne convient plus à mes valeurs profondes, tirer ma révérence dignement, oser dire « non », préserver mon intégrité. Fierté.

Et plein d’autres personnes ordinaires qui se dépassent chaque jour, se surpassent silencieusement au gymnase, au travail, à distance avec son fils, à l’école ou ailleurs…

Éloge de la modestie extraordinaire!

Martine Lalande, l’aînée des Châtelaines de Monsabré

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Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 23 juin 2013

Les fins…

Un jour, quand je serai vraiment pépère, après une randonnée à vélo correspondant au niveau de ma forme de ce moment, je récupérerai mon énergie en me berçant près de ma blonde/maîtresse, les yeux mi-clos.  Je laisserai mon esprit se promener dans mon coffre à souvenirs et parfois il s’arrêtera en 2013, l’année qui aura marqué plusieurs fins… et plusieurs commencements.

Imaginons ici une ligne du temps…  On recule!

Quand j’ai rencontré Marie, en 1990, je travaillais depuis douze ans.  Un peu plus de deux ans plus tard, Félix est né, puis, encore trois ans plus loin, Antoine.  La routine parfois assommante mais aussi rassurante du boulot, des enfants, de la garderie, de l’école, du train-train hebdomadaire de la maison, des vacances, des familles, des week-ends chargés et trop courts et parfois même (!) de notre couple module les semaines, les saisons et les années. 

En décembre dernier, Félix a eu 20 ans  et, bien qu’il vive encore avec nous, sa vie est normalement de plus en plus ailleurs et avec d’autres. 

Antoine, après plus de 10 ans, a probablement fini de jouer au hockey organisé.  Pour moi, c’est la fin des lectures dans un coin d’un aréna ou de ces matchs où parfois, les jeunes, les adultes et les arbitres perdaient tout sens du raisonnable.  C’est aussi la fin de parties excitantes qu’Antoine et moi aimions nous raconter en détail au retour en auto et de rencontres surprenantes avec certains parents. Certaines de ces rencontres se poursuivent d’ailleurs maintenant lors de longues randonnées à vélo!… (Bonjour Daniel et Carole!)

Jeudi dernier, Antoine a fini son secondaire.  Depuis quelques semaines, suite aux différentes activités de fin d’années, nous avons pu serrer les mains, donner des bises et dire merci aux enseignants, aux membres de la direction et aux collègues-parents du conseil d’établissement.  Un matin, je suis même arrêté et sorti de la voiture pour saluer Madame Sourire (nom fictif qui lui va si bien), la brigadière, à qui j’ai fait un signe de tête en guise de bonjour plusieurs matins durant les sept années de secondaire des garçons. Comme c’est Yvan qui s’est chargé du transport matinal des garçons à l’école la majorité du temps, mon lien avec Madame Sourire était moins constant… Je suis tout de même touchée de cet arrêt signifiant!

Ceci dit, les dernières semaines signifient que nous n’avons plus d’enfants à l’école… Plus de lien direct avec ce monde scolaire primaire et secondaire. Lorsqu’ils ont terminé leur 6e année à l’école Wilfrid-Pelletier, la tradition locale a voulu que les enseignants forment une haie d’honneur devant l’entrée principale. Tous les élèves finissants y sont passés sous les applaudissements du personnel de l’école. C’est une grande fierté de voir défiler ses fils dans ce couloir symbolique.  Ces rituels de passages nous ont fait vivre à chaque fois de belles émotions. Les deux garçons nous ont donné la chance de pouvoir assister à chaque année au gala des Henri, organisé par l’école Henri-Bourassa pour souligner les réussites scolaires des élèves.  Toujours une soirée formidable, flamboyante et touchante où l’on prend soin de nommer avec éloquence la progression, l’effort et l’excellence.  Quelle chance nous avons eue, encore cette année, d’y être invités!

Même René Homier-Roy a terminé vendredi l’animation de l’émission matinale C’est bien meilleur le matin, après quinze ans. Une dernière semaine ponctuée de clin d’œil et d’hommages pour lui, qui a répété souvent qu’il débutait plutôt autre chose, avec ses nouveaux projets. Le lien vers la dernière émission : http://www.radio-canada.ca/emissions/cest_bien_meilleur_le_matin/2012-2013/index.asp

Bien sûr, il y a nos retraites, dans moins d’un mois maintenant. Moins d’un mois, tu dis? Six jours, en ce qui me concerne… À plusieurs reprises lors des dernières semaines, je me suis dit que je faisais les choses pour la dernière fois. Dernières animations de formations, dernières réunions, dernières corrections, derniers bilans… Me reste encore à terminer le dernier rangement, gardé pour les derniers jours. Passer au travers tous ces dossiers et déterminer ce qui doit être transmis ou mis au bac de récupération.  Repasser en accéléré les treize dernières années de vie professionnelle, prendre conscience du chemin parcouru par le biais des contenus des chemises en carton ou de celui des icônes en forme de dossiers.

Au cours des derniers jours, j’ai eu l’impression que c’est moi qui passais sous la haie d’honneur virtuelle; les collègues des différents groupes de travail ont souligné à leur façon, délicatement et de façon très créative, ce passage important vers autre chose.  Encore une fois, de belles émotions : fierté, satisfaction et nostalgie passagère côtoient un léger vertige devant la perspective de qui se profile devant et qui doit encore être inventé…

Et à partir de là, plein d’autres histoires, pas encore rêvées et encore moins vécues.

Comme moi, ma blonde/maîtresse semble s’être assoupie.  A-t-elle aussi fait ce voyage virtuel dans cette année qui a représenté un virage marquant de notre vie commune?  Ses traits détendus entourent un sourire heureux.  Il n’y aura pas eu que des fins dans notre année 2013…

Yvan et Marie

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Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 16 juin 2013

La Boucle

Samedi, 15 juin, fin après-midi, nous sommes sur le chemin du retour de Québec vers Montréal. Marie conduit en cherchant continuellement de vieilles chansons françaises à la radio, moi je commence notre conversation dominicale avec vous.

J’ai finalement roulé 🙂 avec le groupe du Grand Défi Pierre Lavoie (GDPL)! Il avait probablement eu vent de ma déception de ne pas être admis dans le cercle presque sacré des 200 équipes qui, chaque année depuis cinq ans, participent à cette folle randonnée de 1000 km en un peu moins de trois jours. Il a donc créé un nouvel événement, un circuit de 136 km bien comptés, de Québec à Lévis, où près de 2 500 cyclistes (dont Daniel, Dominique et moi) se joignent aux équipes du GDPL pour environ 6 heures.

La journée a commencé sous un ciel d’un bleu parfait. Peu de temps avant le départ, quelques nuages menaçants faisaient leur apparition. Il pleuvra légèrement à quelques reprises durant la randonnée. On s’en foutait un peu. J’avais la chance de rouler avec Pierre Lavoie. OK, je n’ai jamais été dans sans roue et lui non plus dans la mienne, mais combien d’entre vous peuvent se vanter d’avoir participé à une sortie de vélo avec lui? Et j’ai relancé une autre tradition, après une disette d’un an: j’ai revu Clara Hugues. Elle ne m’a pas vu mais je me suis déclaré que ça comptait quand même.

L’accueil dans les villages de St-Agapit, St-Apolinaire et St-Lambert-de-Lauzon était impressionnant. Pendant quelques secondes, on se sentait comme les invités de la Petite séduction avec tout le village sorti pour brillamment nous accueillir (un pompier actionnant la sirène de son camion, ça fait du bruit). Pour moi, la palme de l’accueil revient au village de St-Gilles, les cloches de l’église nous accueillant avec un bienvenue très sonore.

On a majestueusement parcouru les premiers 95 km avec une moyenne dépassant le 27 km/h. Le vent favorable et le plaisir de rouler en peloton en sont les raisons majeures. On a payé cher (surtout moi en fait!) pour cette performance impressionnante. Le vent de dos du matin s’est mis à souffler fortement contre nous, mon genou droit à commencé à se plaindre (dois-je déménager à Pointe-aux-Trembles?) et les montées ont commencé à se pointer, surtout entre les kilomètres 110 et 130. Mes deux comparses avaient une énergie que j’avais moins. Ils ont eu la gentillesse de m’attendre avant la dernière descente (il semble même que je n’aie pas vu Dominique quand je suis passé passé à côté de lui). Nous sommes arrivés vers 13h45 et ma moyenne fut fort respectable pour un pépère, à 26,4 km/h. Nous avons réussi et nous en étions très fiers.

Moment époustouflant, le départ des équipes du GDPL à 14h30 pour la prochaine étape (et le vent). Si la plupart d’entre eux n’avaient pas fait la Boucle, Pierre Lavoie, lui, l’avait fait et comme le décorum de cet événement le veut, il partait le premier. Quel phénomène!!!

Les organisateurs avaient prévu un « beach party » avec sable dans le stationnement du Centre des Congrès de Lévis, piscine gonflable et DJ’s. Plusieurs possibilités de lunch savoureux, heureux moment que nous partageons avec nos blondes. Dominique et Françoise doivent reprendre rapidement la route (en auto). Ils découvriront donc cette photo en même temps que vous!

boucle

Un beau souvenir… Une belle folie!

La loi le dit, on ne doit pas texter en conduisant… Écrire sur Ipad encore moins! J’ai conduit jusqu’à Yamachiche, me suis endormie profondément pendant qu’Yvan prenait le volant pour le reste du chemin et je viens de jeter un oeil de correctrice au texte. J’ajouterai simplement, avant de me glisser dans mon lit, qu’être « encourageuses officielles » est quand même un peu exigeant…

Lever du corps vers 5 heures, traversée Lévis-Québec autour de 7 heures, encouragements et surveillance de vedettes (nos trois hommes et quelques grosses pointures) au départ de la boucle à 8 heures, montées et descentes des escaliers du Vieux Québec en toute solidarité musculaire, déjeuner au Cochon Dingue, encouragements au départ de la course des jeunes du secondaire et du collégial entre Québec et Montréal, promenade dans le Vieux Port, retraversée et retour à Lévis, récupération des bagages, installation sur le site de l’arrivée, attente sous pluie battante, séchage par vent très frais, encouragements intenses lors de l’arrivée, et soutien complice pour le retour.

Je n’ai pas roulé 136 km, mais cette longue journée dehors m’a pas mal fatiguée!

Je me couche avec des images plein la tête! Cette organisation, qui n’a que cinq ans, m’impressionne beaucoup: tout est prévu et fonctionne au quart de tour. L’idée derrière est toute simple et si grande. L’engouement est impressionnant. Au moment où j’enligne mon lit, certains roulent encore ce soir… Des machines!

Félicitations Dominique, Daniel et Yvan!

Félicitations aussi à mes collègues de la CSPI (Anne-Marie, Gustave, Guylaine, Martin et ceux que j’oublie)!

Une belle folie…

Réflexions du lendemain matin:

Le genou est encore un peu sensible mais ça devrait être revenu à la normale très bientôt. Depuis quelques années déjà, je me demande si je pourrais participer au GDPL. Après avoir fait la Boucle, je sais maintenant que je peux m’entraîner pour une randonnée de 130 km et plus avec quelques montées et respecter le temps requis. Est-ce que je pourrais le faire plus d’une fois sur trois jours comme les cyclistes du GDPL? La question reste pour l’instant sans réponse mais j’ai une grande admiration pour ces gens.

La belle folie dont Marie fait mention dans son intervention a des répercussions importantes auprès des écoles et de la recherche. Je vous laisse avec ces deux vidéos ( vidéo 1 et vidéo 2) qui racontent la petite histoire de cette folie.

Yvan et Marie

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Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 10 juin 2013

Un vendredi…

Les gens, en général, aiment les vendredis. Ils se suivent, mais ne se ressemblent pas toujours…

Normalement, c’est le soir du relâchement après une semaine souvent meublée de nombreuses décisions « urgentes et importantes ».  Les choix essentiels deviennent alors  « qu’est-ce qu’on va manger? » et tout de suite après « on mange au resto ou on fait livrer? ».  Ce dernier vendredi, toutefois, le menu de la soirée nous surprendra…

La fin de semaine a débuté au resto: souper rapide au chic St-Hubert avec la Châtelaine Martine, avec qui on a le plaisir de célébrer une belle nouvelle à la fin d’une semaine dont les péripéties n’ont pas dû lui laisser plusieurs heures de sommeil.  On veut prendre notre temps mais il faut déjà partir; j’apporterai donc mon dessert dans un petit sac.

À notre arrivée, plusieurs dizaines de personnes attendent l’ouverture des portes… de l’école secondaire Henri-Bourassa.  Le Gentil Géant y sera mannequin d’un soir lors du défilé de mode éthique de l’école (pour ceux qui ne le connaissent pas, Antoine est à la photo 60 et dans plusieurs autres)).  Un défilé de mode éthique, c’est la présentation de vêtements très contemporains créés en recyclant des vêtements un peu fatigués.  Si j’ai bien compris, pendant toute l’année, des jeunes de l’école, avec l’aide de deux boutiques (Cul-de-sac et Quatre éléments) et sous la supervision de deux enseignantes engagées ont « réinventé » plus de 180 vêtements que porteront ce soir, dans une fiesta étonnante, quelques dizaines d’élèves.

On reconnait quand même le vieil auditorium de l’école, même si  une passerelle (catwalk en anglais) sépare la salle en deux et que l’éclairage nous en met plein la vue.   C’est vendredi mais la salle se remplit rapidement.  Ça sent l’événement.  Après quelques mots d’introduction, le « spectacle » commence.  Soudainement on passe de l’école à un bal masqué.  La musique est forte et enlevante, les mannequins se succèdent en groupe de deux selon une chorégraphie qui permet à tous de les admirer.  Certaines et certains ont une attitude et un comportement tout à fait à propos, nous hypnotisant pour quelques instants par leur personnage.  D’autres sont plus « eux-mêmes » nous rappelant que nous sommes dans une école secondaire.  Ce qui est particulièrement frappant c’est la pure beauté et le grand plaisir de ces jeunes hommes et jeunes femmes.  Nous connaissons quelques uns d’entre eux depuis plusieurs années… quand ils étaient des enfants.  De toute évidence, le temps a bien passé!

Avec les quelques parents des amis présents, nous partageons cette fierté: nos garçons, qui se sont connus turbulents et petits, sont presque devenus des hommes, que nous trouvons bien beaux!  Mis en valeur par les vêtements, la démarche chaloupée ou féline, les poses, les regards appuyés, les éclairages, les cris des jeunes filles et les applaudissements, ils  ont très bien  joué le jeu de cette soirée d’apparat!  Par contre, tout du long du défilé, je me suis questionnée à propos de cette « exposition » des corps… Fierté et perplexité s’entremêlent, encore maintenant…  Comme un p’tit bout de malaise qui s’incruste, comme si le glamour, les masques et le maquillage  n’avaient pas réussi à camoufler la quête éperdue de beauté et l’hypersexualisation de certains jeunes… Comme si le côté éthique de ce défilé ne réussissait pas à changer tout à fait ces standards, malgré les tentatives manifestes de conscientisation présentées hier… Bref, effervescence, célébration du culte du corps et de l’exubérance de la jeunesse: un défilé étourdissant au bout du compte. On ne boudera pas le plaisir, mais on reste songeur…

À la sortie, nous sommes accueillis par une bruine un peu froide qui ne ressemble en rien à juin.  Nous pensons à Pierre-Luc, le copain de Félix, notre apprenti-politicien, qui a entrepris avec des collègues le relais pour la vie, une « marche » de 12 heures, sur l’Île des Moulins à Terrebonne au profit de la société canadienne du cancer.  Sachant très vaguement où nous allons, nous nous dirigeons vers le site de cet autre événement.  La  température a donné à l’Île un aspect londonien.  De nombreux marcheurs progressent sur des chemins balisés par de petites lanternes dans des sacs représentant des proches décédés à cause de cette maudite maladie.  C’est un peu cul-cul à dire mais la scène est féérique.

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Il y a sûrement des centaines de personnes qui circulent en tous sens dans cette pénombre. Comment y retrouver Pierre-Luc (que nous appellerons maintenant le Sieur de Terrebonne)? Comme en réponse à cette question, il passe tout simplement devant nous, jasant avec un de ses amis, le maire de Terrebonne! Heureux hasard ou destin, selon les croyances de chacun…

Après la surprise de s’être trouvés aussi aisément, nous nous joignons à eux pour un « tour de l’île ».  Le contraste entre l’excitation du défilé de mode et le calme serein de cette marche est silencieusement étourdissant.

C’est la première fois que je me rends à cet événement.  L’organisation est énorme. L’enthousiasme et la ferveur des gens est palpable.  Les gens qui s’y trouvent ont vécu la maladie ou avec la maladie et ils en témoignent, à leur façon.  Le souvenir de ceux qu’elle a fauchés est visuellement présent. 

Dans la même soirée, on a vécu l’effervescence de manières bien différentes… Deux façons de frissonner…

Nous revenons à la maison autour de minuit.  Ce vendredi fini, je me suis probablement endormi avant de toucher l’oreiller…

Yvan et Marie

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Des nouvelles de la conductrice du désert

Une cause pour aller au-delà du rêve!

Dès ma naissance, le cancer est présent autour de moi. Quelques mois avant ma naissance, le verdict tombe, ma grand-mère, 39 ans,  est atteinte par le cancer du sein. Cette foutue maladie a évolué pour devenir un cancer généralisé au fil des années.  Elle est décédée lorsque j’avais 14 ans. Mes grands-parents      habitaient en face de chez nous. Tous les jours, je serrais ma grand-mère dans mes bras. Sans être pessimiste, elle me répétait presque quotidiennement «Tu sais ma grande, on ne sait pas si demain on sera là, il faut en profiter tous les jours pour se dire qu’on s’aime et s’embrasser».  

Vous voyez maintenant d’où provient mon côté…un peu intense!  Tout au long de son combat, elle était suivie par une équipe de médecins et d’étudiants. Pour elle, faire avancer la recherche était    tellement important… Ma grand-mère n’a   jamais eu la chance d’aller aux États-Unis, mais je me souviendrai toujours de la journée où elle a reçu une lettre du Centre de Recherche de l’Hôpital Notre-Dame lui indiquant que sa rate serait    prêtée à une université américaine pour la recherche. Elle était tellement fière!  Elle pourrait peut-être changer quelques choses pour l’avenir de la médecine! 

Il n’est donc pas difficile de comprendre toute l’empathie que je peux éprouver face à cette maladie qui fauche tant de gens. Mon désir le plus cher, un rêve un peu fou, serait l’éradication du cancer. Je rêve qu’un vaccin puisse exister pour  offrir une protection à chaque enfant.  C’est pour cette raison, que pendant 4 ans, j’ai  marché 60 km durant le week-end pour les cancers féminins.  En compagnie de ma sœur, ma mère, ainsi que deux bonnes amies, nous avons pu amasser plus de 45 000$ pour la recherche. 

Cette année, j’ai décidé de pousser le défi encore plus loin.  Mes espoirs de vaincre la maladie sont à la hauteur de l’effort  physique que requiert ma participation au Cyclo-Défi Enbridge qui se tiendra les 6 et 7 juillet 2013. J’entreprendrai ce périple, en parcourant à vélo Montréal – Québec sur une durée de 2 jours.   Cette année, je le fais en l’honneur et pour soutenir mon cousin Éric. 

En décembre dernier, Éric, 33 ans, corpulent et grand travaillant se rend au CLSC du village. Il croit qu’il a une crise d’asthme. Le médecin croit plutôt qu’il s’agit d’une crise cardiaque et le transfert alors à l’Hôpital de Joliette.  Finalement, c’est une tumeur de la grosseur du poing d’un homme qui presse contre son cœur et son poumon.  Quatre semaines plus tard, le verdict tombe, c’est un cancer! L’équivalent d’un tsunami pour la famille. 

Éric est alors soigné à Montréal, à l’Hôpital Notre-Dame, plus de 2h de route de son domicile et de ses 3 jeunes enfants. Sa conjointe, elle, a tout laissé de côté, elle soutient son homme… 

Douze semaines de traitements de chimio sont maintenant terminés. Le scan de  contrôle sera fait ce soir à 21h30. Nous  espérons que l’évolution de la médecine et des traitements ont suffi à guérir mon jeune cousin… 

Le cyclo-Défi Enbridge contre le cancer 

Depuis le mois de janvier, je m’entraîne pour mon prochain défi.  Il n’y a pas une journée d’entraînement ou je n’imagine pas le sourire d’Éric ou de ma grand-mère qui m’encourage à pédaler. Il faut savoir que le Cyclo-Défi est un événement dont le principal objectif est très clair : éliminer le cancer. 

L’argent que j’amasserai demeure au profit du Cyclo –Défi Enbridge contre le cancer et sera versé au Centre du Cancer Segal de l’Hôpital Général Juif (HGJ).  L’HGJ a réuni les meilleurs médecins et scientifiques; leurs travaux de recherche et les résultats favorables observés chez les patients    auront un véritable impact dans notre    communauté, dans tout le Québec et dans le monde entier. 

En d’autres termes, n’hésitez pas à vous rendre sur le site du Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer à l’adresse suivante  (http://www.conquercancer.ca/site/TR/Events/Montreal2013?px=3203273&pg=personal&fr_id=1451) pour me retrouver en tant que participante ou encore visitez notre tout nouveau site internet au http://www.groupefinancierbaril.com pour faire un don afin de m’encourager lors de cet événement important. 

Merci de votre générosité!

Carole

 

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Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 2 juin 2013

Au gré de la météo

ou syndrome de météo-dépendance

La beauté (et le défi) de vivre dans un pays aux humeurs variables est de trouver la façon de s’adapter à la variation de ces humeurs.

Samedi soir de la semaine dernière, je croyais être prêt.  J’avais mis dans ma sacoche imperméable, pantalon de pluie, couvre-souliers.  Psychologiquement,  j’avais dit à Julie, l’une des Châtelaines de Monsabré, que j’allais au Défi métropolitain du lendemain « goutte que goutte » (remarque qui m’a valu une superbe grimace de l’Apprenti-politicien et de bien d’autres, d’ailleurs!).

Dimanche 5h00, je vous envoyais la chronique du Pépère à vélo de la semaine au son monotone des gouttes de pluies qui s’écrasaient sur la galerie.  Alors que j’ouvrais la porte pour notre chatte Biscotte, une bouffée d’air presque hivernal est entrée avec elle. 

6h00, le concert de la pluie qui tombe se poursuivant, Météo média et Environnement Canada s’entendaient pour nous encourager à se prélasser sous les couvertures.  À 6h30, c’est exactement ce que j’ai décidé de faire, pour essayer de faire passer une sourde frustration.  Même la séance de musculation et d’abdominaux de la fin de l’avant-midi n’a pas réussi à améliorer significativement mon humeur (comment faire le lien entre abdominaux et bonne humeur?). Mais le retour de voyage d’Antoine, notre Gentil Géant, oui!

À partir de lundi (27 mai), je commençais à penser à la randonnée du prochain samedi (1er juin).  Le premier jour, j’ai regardé le site de Météo média et d’Environnement Canada à toutes les quatre heures.  Seul Météo média faisait mon affaire avec une prévision correcte pour le matin et un vent de dos pouvant aller jusqu’à 25 km/h.  Mes collègues fonctionnaires, eux,  parlaient de pluie et ne disaient rien du vent… 

Les deux jours suivants, je n’ai regardé que Météo média et tout allait bien.  Jeudi et vendredi, les sites de météo, la radio et la télévision étaient d’accord pour un avant-midi pas pire, un après-midi orageux et un vent favorable.  Mon esprit habituellement optimiste a ressenti une petite crainte s’immiscer.

Samedi 5h00, j’ouvre les yeux.  Dans la pénombre du matin, j’entends les oiseaux mais pas de bruit de pluie.  Météo média et Environnement Canada s’entendent pour dire qu’il pourrait pleuvoir un peu en avant-midi, « orager » en après-midi et que le vent serait « sur le bon bord » (comprendre : dans le sens où on roule!) Les arbres de la cour arrière penchent légèrement vers Trois-Rivières.  Départ vers 6h20, les drapeaux pointent vers notre objectif de la journée.  Avec cette sympathique poussée éolienne, je roule sans grand effort à une vitesse fort intéressante jusqu’au lieu fixé pour le rendez-vous.

Nous sommes sept à profiter de ce matin de grâce.  OK, il pleut un peu, près de Berthier, mais on parle ici plus de rafraîchissement que d’intempérie.  Comme les quatre années passées, ce parcours entremêle défi physique et conversations intéressantes et amusantes.  On roule, on jase, on rigole et on sue avec plaisir jusqu’à Trois-Rivières.  On voudrait commander cette même météo pour d’autres randonnées à venir.

Pas de grande sortie de prévue pour la fin de semaine prochaine, mais la Boucle du Grand défi Pierre Lavoie a lieu le 15 juin À partir de samedi ou dimanche, donc, je prévois une autre semaine de dépendance et d’esclavage face à toutes les prévisions météorologiques régionales…     

Yvan et Marie

P.S. : Yvan vous a sollicité dans son message courriel, en vous demandant de lui suggérer le nom et l’histoire d’une personne inspirante, en souhaitant que ces histoires l’accompagnent et le motivent lorsqu’il roulera entre Montréal et Québec en juillet, ou le 15 juin près de Lévis, avec les « machines » qui font la Boucle du Grand Défi Pierre Lavoie.  J’aimerais dès maintenant proposer deux prénoms féminins, en guise d’introduction : hier, Carole et Julie ont roulé plus de 130 km.  Toute une performance, pour des filles qui n’étaient pas très sûres d’elles-mêmes! Bravo! 

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Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 26 mai 2013

« Ireaunie »

«Faire appel à l’ironie, c’est signifier le contraire de ce qu’on dit au sens littéral » Pierre-Alexandre Fradet, Le Devoir, 27-03-13

Nous avons choisi l’angle de l’ironie pour revenir sur l’actualité «aqueuse» de cette semaine! Parce qu’il vaut mieux en rire…

J’aime mettre en perspective certains événements en pensant au contrat que j’ai peut-être signé avant de commencer à vivre. Ça dit que je vivrai plusieurs dizaines d’années mais que, lors d’une semaine donnée, en mai 2013, je ne pourrai pas boire de l’eau du robinet pour environ 36 heures. Malgré ce qui me semblait à l’époque un bref inconvénient, j’imagine que je n’ai pas hésité bien longtemps et que j’ai signé.

Finalement, après presque cinquante-sept ans de vie, cette fameuse semaine est arrivée.

Moi qui bois de l’eau du robinet peu importe où je passe dans le monde, je ne pouvais le faire chez moi, dans une île, au milieu d’un fleuve d’eau douce. Belle excuse toute trouvée pour boire une boisson gazeuse. Je sais que j’aurais pu boire un jus de fruits ou un jus de légumes mais la situation était exceptionnelle et demandait des mesures exceptionnelles!

Il semble qu’ici, nous ayons le sens du drame bien développé et que nous sommes à l’image de Sarah Bernhardt, grande dramaturge et tragédienne! Certains commentateurs, entendus ou lus mercredi, ont largement contribué à faire quelque chose de cauchemardesque d’une mesure somme toute préventive … J’ai bien aimé ce que Chantal Baril, Dominique Lévesque et Patrice Coquereau ont fait cette semaine à l’émission « Plus on est de fous plus on lit ! (vers le milieu de la page)», à partir de certains textes alarmistes écrits ce jour-là !

À la sortie du bureau, vers 18h00, je me suis retrouvé devant des tablettes vides dans la section des bouteilles d’eau de l’épicerie de mon quartier. À quelques pas de là, dans une pharmacie, il y avait encore des paquets de 20 bouteilles de 500 ml. Je me sentais un peu comme ces américains qu’on voit parfois à la télévision à la veille d’un ouragan, en train d’acheter tout ce qu’ils peuvent pour « survivre ». J’ai même pensé que, ne reculant devant aucune dépense, nous avions envoyé Antoine (le Gentil géant) en Europe cette semaine, pour qu’il n’ait pas à vivre une telle détresse… J’avais réussi à remplir mes responsabilités et à veiller au bien-être de ma famille, je me sentais bien.

Même Biscotte, notre chatte, a eu droit à sa bouteille d’eau. Considérant où elle doit se désaltérer quand elle passe la journée à l’extérieur, j’ai peut-être un peu exagéré mon sentiment de préoccupation pour les autres. C’est tout de même rassurant de constater que je vis auprès d’un être si altruiste (soupir!)…

Pour le souper, ce fut du rosé; pour le dessert, du lait. Le seul moment déstabilisant de cette soirée fut l’instant insolite du brossage de dent. Bien étrange, en effet, d’ouvrir une bouteille d’eau pour rincer sa brosse et sa bouche au lieu de la routine du robinet. Avoir su, est-ce que j’aurais signé ce fichu contrat de vie?

Le lendemain, comme pour faire exprès, je pense constamment à prendre une gorgée de ce liquide qui est normalement omniprésent. Toutes les fontaines sont décorées d’un message nous rappelant le désastre du moment. J’ai laissé à la maison la bouteille bleue que je remplis habituellement au robinet. J’ai bu de l’eau embouteillée toute la journée, sans doute davantage que les deux litres que je consomme chaque jour d’habitude. La peur d’en manquer mène directement aux toilettes!

En soirée, j’allais à un concert avec Félix, l’Apprenti politicien. Au restaurant, pas de verre d’eau sur la table ni de glaçon dans les verres, au dessert, pas de café ou de thé. Pourrons-nous tenir le coup longtemps? Heureusement que nous sommes en semaine et que je n’ai pas de longues sorties de vélo, qu’est-ce que j’aurais mis dans mes bidons?

Au retour à la maison, on apprend que cette clause de mon contrat de vie est maintenant échue. Je me brosse les dents avec l’eau du robinet comme je l’ai fait si souvent, sans une pensée pour tous ceux pour qui ce « drame » est routine.

Depuis ce jour, il pleut constamment, pourrais-je rouler au Défi Métropolitain de ce dimanche?

Nous sommes passés à côté de ce qui « aurait pu » être une crise. Pas de problèmes en réalité, quand on pense un peu à ce que la majorité des humains doivent faire tous les jours pour trouver et consommer de l’eau potable. Cet intermède nous aura fait prendre conscience de la chance qu’on a, malgré tout, de vivre à Montréal!

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Yvan et Marie

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Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 19 mai 2013

Un souper en Tandem au restaurant 

Deux défis relevés cette semaine: dabord une tentative de chronique sur un resto de quartier, ensuite linsertion dans le texte des mots et expressions que vous nous avez proposés! Vous retrouverez les mots suivants: pumpernickel (proposé par Françoise), rickshaw (proposé par Lyne), conch (proposé par Sylvie) et CQFD (proposé par Martine).                

On avait déjà adopté « Le Grain de sel« , sur Ste-Catherine Est à Montréal, parce qu’on connaissait le chef.  C’était un tout petit peu dispendieux mais la bouffe était exquise et surtout, on avait l’impression d’aller manger chez des amis.  Le chef est parti, puis l’un des partenaires que nous aimions bien a eu un bébé, est parti lui aussi et ils ont vendu.  Nous y sommes retournés mais n’avons plus retrouvé la même atmosphère de convivialité… 

Il y a deux ans, à Paris, en vacances avec les deux garçons et Martine, dans le quartier où nous logions dans le 10e arrondissement, nous avions trouvé un sympathique resto, « Chez Mems« .  Nous n’y sommes allés qu’une fois, mais quelle fois!  J’ai  le souvenir que c’était bon et que le service était actif et attentionné.  On y retourne à la première occasion! Vendredi soir, nous avons pensé tous les deux à ce resto qui fait la fierté d’un quartier, un resto jeune, où  l’on fait la promotion des produits frais.

C’est mon amie Suzanne qui est partiellement responsable de cette chronique. C’est elle qui m’a parlé de ce restaurant, que son fils lui a fait découvrir cette semaine.  Un restaurant formidable, où on a le goût de revenir. Un resto de quartier où on a envie d’être connu et reconnu. On voudrait presque changer de quartier! On y est d’abord bien accueilli. Le service est chaleureux, le personnel courtois et attentionné.  On se sent bien et… C’est bon! En prime, on apporte notre vin, ce qui nous permet de payer le prix un peu élevé des plats surprenants de l’ardoise.

S’il était situé au Bengladesh, lieu de résidence actuel de notre amie Lyne, la comptable de l’univers, il se serait probablement appelé « Le Rycksaw » mais ici sur la rue Villeray près de Lajeunesse, c’est « le Tandem« .

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Normalement, nous aimons manger plus tard en soirée.  Au moment de faire la réservation, il n’y avait des places qu’à 18h00.   Nous avions le choix entre un repas tôt dans ce restaurant au nom cycliste ou un smoked meat au pumpernickel au centre-ville. Cas vite réglé : je n’aime pas les smoked meat!

À notre arrivée, le petit resto de quartier est vide.  Nous sommes accueillis avec chaleur par deux jeunes dames. L’une d’elles, à l’accent du sud de la France, est la copropriétaire ou la référence à l’une des deux parties du tandem!  Pendant un court instant, le restaurant est un peu à nous.  On a retrouvé « Le Grain de Sel » ou « Chez Mems »

Le décor: une trentaine de places à l’intérieur et une mini terrasse plutôt désertée en cette soirée un peu fraîche. Grande fenêtre qui donne sur la rue Villeray, coucher de soleil qui donne une belle ambiance lumineuse. Teintes orange brulé (un mur avec un joli papier peint en relief) et déclinaisons de gris; un mur complet peint en noir sert d’ardoise sur laquelle est décliné le menu de la semaine.

Pour les besoins de cette chronique, Yvan pense s’inspirer de critiques culinaires et parler savamment du velouté et de la fraicheur de la gaspacho ou de la saveur raffinée des escargots au bleu et au vermouth (c’est ce qu’on a trouvé qui se rapproche le plus du conch de la Barbade!) ou de la beauté et du goût du médaillon de cerf de Boileau aux épices.  Mais nous ne savons qu’admirer et savourer… alors nous admirons et savourons!

Même si les tables se remplissent rapidement, on vient souvent nous voir pour s’assurer que tout est bon et que tout va bien.  À deux endroits différents du restaurant, de jeunes dames viennent manger avec une amie enceinte.   À une autre table, une petite fille de trois ou quatre ans fête son anniversaire avec ses parents et ses grands-parents. On prépare la relève de la clientèle familiale.  Le murmure des discussions devient plus présent.  On vit le mariage du bon vin, des mets originaux et du simple bien-être du moment.  Je me permets même un dessert que je n’aurais pas dû aimer, un fondant au chocolat chapeauté d’un caramel au beurre salé (je ne raffole pas du chocolat  – Pfffff! C’est ce qu’il dit chaque fois qu’il en mange!!!).

Il y a donc, dans le quartier Villeray, un endroit où nous retournerons pour célébrer ou tout simplement savourer.  Si nous avons été assez convaincants, peut-être y partagerons nous une table…  À tout le moins, c’est un endroit où nous nous sommes sentis bien, et c’est ce qu’il fallait démontrer (cqfd)!

En résumé, les plats dégustés :

Amuse-bouche 

Salade d’asperges et acinis (petites pâtes rondes) 

En entrées 

Potage gaspacho (concombres, melon d’eau, tomates)Croustillant de chèvre (sur aïoli avec petits cubes d’ananas) Verdure du marchéFeuilleté d’escargot au bleu et au vermouth

 Comme plats principaux

Filet mignon de veau aux champignons et espuma, servis avec légumes racines Médaillon de cerf de Boileau

 Pour le dessert

Panna cotta fraises et citronCafé allongé décaféiné  Fondant au chocolat et caramel à la fleur de sel 

Prix pour deux, avant service : 116,71$

Ouf! On va revenir!

Les coordonnées 

TANDEM 

Cuisine française de saison (Apportez votre vin)

586 rue Villeray (coin Saint-Gérard, métro Jarry)

514 277-3339

Voici le menu

Yvan et Marie

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Des nouvelles du Pépère à vélo et de sa blonde/maîtresse – 12 mai 2013

Parler de lectures…en s’inspirant de René Homier-Roy et de… Pierre Foglia

Ça fait quelques semaines que je pense à cette chronique.  Une fois par semaine, à son émission du matin de Radio-Canada, René Homier-Roy parle d’un livre.  Il raconte l’essence du livre mais il parle aussi de ses propres réactions face à celui-ci. La conseillère pédagogique en moi dirait qu’il donne son « appréciation » également.  Mais je sens que cet ajout apporte peu au propos et qu’on s’engage dans des subtilités d’initiés …Je voudrais m’essayer d’une façon semblable avec mes lectures récentes.  Et Foglia là-dedans? Est-ce que Marie embarquera dans le jeu?   Honnêtement, le sujet m’intéresse et me passionne mais le temps me manque. HA! C’est la dernière fois que je serai dans le jus de la fin de l’année scolaire!!! De plus, je n’ai pas lu les livres proposés et je suis en pause de lecture pour le plaisir … Je me contente donc de faire mon travail de correctrice invisible cette semaine! 

Autant  j’aime les livres de poche durant l’été parce que je peux les traîner partout sans vraiment me soucier d’en prendre soin, autant le reste de l’année, j’aime bien un livre physiquement costaud, volumineux.  Pendant quelques semaines, on peut presque littéralement entrer dans l’histoire.

PREMIÈRE ÉTAPE : PLAISIR DE LA DÉCOUVERTE…

Nous sommes au dernier salon du livre de Montréal.  J’ai grand plaisir à circuler dans  cette immense librairie.  Sur une grande pile, un gros livre avec une page couverture qui ne me dit rien : une jeune dame en robe de mariée qui semble monter un cerf.  Ni le titre, La fiancée américaine, ni le nom de l’auteur, Éric Dupont, ne me font réagir.  Mais sur la page couverture est imprimé: « Un très grand bonheur de lecture » – Pierre Foglia.

Un peu plus tard, un peu plus loin, une autre pile de gros livres, mais ici, je suis en territoire connu.  Le petit bonheur de réaliser qu’un auteur que j’aime, Ken Follett, a écrit le tome 2 d’un livre, le Siècle dont j’ai adoré le premier tome.  Plaisir en perspective…

DEUXIÈME ÉTAPE : PLAISIR DE LA LECTURE…

La première chose qui frappe quand on feuillette La fiancée américaine c’est que c’est écrit très petit.  Observation bizarre et pourtant, on dirait que chaque page de ce roman pourrait faire au moins une page et demie de celui de Follett.  Puis, on entre dans l’histoire de la famille Lamontagne de Rivière-du-Loup, située au début de la première guerre.  Chaque chapitre d’au moins cinquante pages (en petits caractères!) est une histoire en soi.  J’ai dégusté ce livre par petites gorgées, passant d’une naissance tragique un soir de Noël de tempête à un concours d’hommes forts dans le nord des États-Unis. Puis d’une fin du monde inventée par des sœurs à la création d’un chemin de croix qui finira par avoir des répercussions aux États-Unis, en Italie et en Allemagne.  Faisant ce parcours dans le temps et l’espace, on côtoie des personnages étonnants, complexes et attachants : Louis dit « le Cheval » Lamontagne, sa grand-mère Madeleine, qui meurt en 1933 mais qui reste avec les vivants plusieurs années jusqu’à ce qu’elle meure éventuellement pour de bon et Magdalena (plusieurs personnages principaux féminins s’appellent Madeleine),  une grincheuse allemande de l’Est qui nous amènera à travers la deuxième guerre mondiale telle que vécue de l’intérieur de l’Europe.  Tous les chemins mènent vraiment à Rome, vous verrez.

J’ai lu ce livre par touts petits moments comme en mangeant du sucre à la crème, le savourant presque les yeux fermés (il faut le faire… en lisant!!!) chaque chapitre.  Puis en mettant le livre de côté et en y revenant quelques jours plus tard.  J’ai voulu étirer la fin en ralentissant ma lecture mais le tourbillon de la conclusion nous fait tourner les pages rapidement malgré notre volonté.  Et si je n’ai pas su piquer votre curiosité, peut-être que Foglia le fera (La Presse du 12 octobre 2012).

L’Hiver du monde de Ken Follett, tome 2 de sa trilogie Le siècle, c’est presque 1000 pages où l’on suit les enfants des personnages du premier tome  (La chute des géants) vivre et mourir  la deuxième guerre mondiale cette fois-ci.  Celui-ci, je l’ai avalé goulûment, plutôt ennuyé lorsque des obligations (comme aller travailler!!!) m’empêchaient de me replonger dans les années ‘30 et ‘40.  Que vous soyez en Allemagne, en Angleterre, en Russie ou aux États-Unis, la vie politique à cette époque avait des répercussions importantes sur le quotidien des gens.  La démocratie, le socialisme, le fascisme ou le communisme étaient pour chacun espoir ou horreur, avenir ou destruction.  Les Churchill, Roosevelt, Hitler et Staline, les leaders de l’époque, ont marqué au fer rouge l’histoire de leur pays. Qui peut s’en vanter aujourd’hui?

Pendant six ans en Europe, trois aux États-Unis et au Japon, la vie normale n’existait plus.  Ce qui est pour moi aujourd’hui un roman était une réalité sans fin prévisible pour des millions de gens.   La force de Follett est de nous présenter cette période au travers des yeux de gens qui auraient pu la vivre, dans les grands et  petits événements.   On s’identifie facilement à certains des personnages.  Comment aurais-je vécu cette période?  Si vous préférez pouvoir lire les trois tomes l’un après l’autre, votre attente achève.  Le dernier segment de la trilogie est prévu pour la fin de … 2014!

CHUTE ET POST SCRIPTUM

Finalement, jeudi de cette semaine, Foglia, sans le savoir évidemment, parle du Pépère à vélo en croyant que c’est lui.  Je me souhaite de vivre un jour cet événement:

« LE BONHEUR – Il y a quelques années, disons 15, quand je dépassais un vieux cycliste qui ahanait dans une côte, je le saluais poliment bonjour monsieur tout en me faisant toujours la même silencieuse promesse : quand je serai rendu là, je ne ferai plus de vélo. Du curling, du golf, du tricot, pas du vélo.

Je suis rendu là. Et même un peu plus loin (un peu plus bas ?) que ces vieux cyclistes qui ahanaient dans les côtes, au moins ils pédalaient, alors quon me voit souvent marcher quand la pente se fait trop raide ou trop étroite et quune auto simpatiente derrière moi.

Jai pourtant le même plaisir à pédaler quavant et, vous allez rire, le même sentiment « de performer », dans la mesure où toute performance est dabord exultation.

À la question habituelle du douanier américain où vous allez ? , jai répondu Franklin, East Franklin et retour au Québec.

Et ça vous prendra combien de temps ?, ma-t-il encore demandé.

Si mon anglais était moins rugueux, je crois bien que jaurais osé une longue réponse du genre : cela prendra le temps de souffrir jusquen haut de la côte du lac Carmi, de prendre à gauche pour grimper encore vers ce plateau quon dirait du Limousin, cela prendra le temps que montent en moi ces petites bulles de bonheur qui m’éclateront une à une dans la tête, cela prendra le temps que ça prend pour être heureux, nom de dieu. » (La Presse +, section Actualité, p.11) 

Yvan et Marie (derrière les mots cette semaine)

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