J et K comme dans une journée sur le Kilimandjaro
J’ai environ 12 ans. Je participe à un camp d’été organisé par le Collège André-Grasset où je commencerai mon secondaire en septembre. Il y a une pause en début d’après-midi où nous devons être dans notre tente. Je ne me souviens plus pourquoi je lis ce livre, Le Lion de Joseph Kessel. Devons-nous l’étudier à l’automne et je prends de l’avance? L’histoire se passe sur une terre qui m’est totalement étrangère auprès de gens et d’animaux qui me sont totalement étrangers. Je suis entièrement absorbé par ce récit où se confondent une banale histoire de famille, une relation privilégiée entre une petite fille et un lion, un Masaï fier et impétueux, un parc national rempli d’une vie variée aux règles fascinantes et une montagne qui, sans être un acteur actif de ce récit, vient s’installer à demeure dans un coin de mon cerveau.
Depuis ce moment, je souhaite connaître ce monde avec lequel je ne partage aucune affinité mais qui mystérieusement m’attire. Moi qui ai été, jusqu’à présent, surtout logique et raisonnable, dans une Amérique riche et confortable, je rêve de passer une journée sur le Kilimandjaro et de ma petitesse regarder ce continent qui malgré son éloignement fait partie de ma planète. Depuis plusieurs années déjà je prétends vouloir réaliser ce rêve. Après le cyclo-défi de cette année, je m’y mets. Quelque chose me dit que je vous en parlerai.
Juvénile
Propre à la jeunesse; mot qu’on associe souvent à fraîcheur, à ardeur. J’espère que le bras de fer que les jeunes vivent actuellement, le « non-débat » sur la question de la hausse de frais de scolarité ne les décevra pas trop… Qu’ils sauront réfréner leurs ardeurs et que l’attitude fermée des dirigeants (eux se disent fermes) n’aura pas trop d’effets sur leur fraîcheur… Démocratie, dites-vous? C’est quand les élections déjà?
Elles ont la responsabilité de rendre la pratique régulière de l’exercice intéressante et sécuritaire. Bien qu’à cause de leur âge, elles pourraient être nos filles (très peu de garçons font ce travail à ÉPIC), elles atteignent le délicat équilibre de nous stimuler sans nous infantiliser. Ça, c’est très important pour moi : quand je me retrouve avec quelqu’un qui a le style des moniteurs de camps de vacances, je décroche complètement! Souvent elles réussissent à établir un tel lien avec nous, que quand elles partent vers d’autres mandats, on doit en faire un petit deuil. La personne qui a trouvé ce nom de fonction n’aurait-elle pas pu inventer un mot plus facile à mettre sur le dos d’un chandail?
Dans le cas de Marie et moi, les kinésiologues en charge d’animer nos activités ont des prénoms qui commencent par J ou K (drôle de coïncidence). Au spinning, il y a eu Karine B., une grande blonde lumineuse qui avait la faculté de nous décrire les parcours extérieurs que nous empruntions tant bien que mal … à l’intérieur. Pour ma part, c’est un peu grâce à elle que le spinning à ÉPIC a pris son essor. Il y a un an environ, elle est partie avec son chum belge à Bruxelles. Un petit bout de femme aux yeux pétillants et au sourire ineffaçable l’a remplacée. Josiane L. a su conquérir doucement mais résolument l’adhésion des « spinneux » du groupe de Karine. Ses sessions sont énergiques et bien structurées. Elle n’a pas le côté visualisation de celle qui la précédait, mais elle a la douce folie de créer de petits événements : déguisements à l’Halloween ou à Noël ou soirée des chansons quétaines.
Johanne B. est celle qui réussit depuis trois ans à me concocter des programmes d’exercices qui me permettent de renforcir les parties de mon corps que l’âge, la gravité et la paresse ont une facilité à ramollir. À cause de sa créativité, je ne peux utiliser l’excuse de la plate routine des mêmes exercices pour m’éloigner du gymnase. Elle pourrait se vanter aussi d’avoir intéressé Marie à l’aquajogging. Encore ici, la variété des mouvements qu’elle nous proposait et le fait qu’elle encourageait de façon différente chaque personne avait convaincu ma blonde/maitresse de devenir plus assidue. Qu’est-ce qui m’a convaincue? Johanne? L’âge? La satisfaction personnelle? Les effets? L’activité en couple? Probablement toutes ces réponses!
Finalement, Karine L. a pris progressivement la place de Johanne à la piscine. Karine a une autre approche. Elle a fait sa place auprès de nous tout en douceur et en humour. Comme de nouvelles connaissances, nous avons mutuellement mis le temps à bien nous comprendre et maintenant, on ne se lâche plus. Elle arrive toujours à ses cours très préparée mais selon les circonstances et les défis qu’on peut lui proposer (comme faire une petite partie du cours de façon muette à cause du film « The Artist » ou organiser un set carré dans l’eau), elle peut improviser rapidement. Les cours sont un mélange de concentration et de fou-rires.
Jour de la Terre
Le 22 avril prochain… Nous y serons! Parce que j’aime bien cette idée d’un « printemps tranquille ». Parce que je veux faire partie de ce mouvement et signaler mon inquiétude. Rendez-vous dimanche prochain à 14 heures sur la Place des Festivals!
Journalistes un peu dans le Jus
C’est notre dixième chronique de ce marathon d’écriture. Contrairement au vélo, il n’y a pas ici d’essoufflements ou de fatigue mais la rédaction conjointe de nos trois ou quatre pages avant le dimanche matin tôt à chaque semaine est un sport qui comporte sa dose d’énervements. Trouver les sujets, les relier à la lettre de la semaine, écrire avec un angle qui pourrait susciter de l’intérêt à travers nos autres activités (travailler, manger, dormir…) nous demande une persévérance et une rigueur qui nous font parfois un peu défaut. Ça nous donne une perspective différente sur la profession de journaliste et nous convainc de rester dans les domaines où nous sommes le plus à l’aise. Mais nous irons au bout de ce défi, aidés de temps à autres par vos commentaires et réactions.
Kilomètres
Deux premières activités cyclistes du Chevalier de Pointe-aux-Trembles, du Baroudeur Italien et du Pépère à vélo en préparation du cyclo-défi de cette année.
Jeudi d’abord, une heure de spinning organisée par le Cyclo-défi Enbridge au Club Atwater, endroit cossu, un peu d’une autre époque qui pour moi ressemble davantage à un club privé de golf qu’à un centre d’exercice. L’animatrice de cette soirée s’appelait Kristina (le K vient de moi). C’était la première expérience du genre du Chevalier, habitué à des montures d’un autre type. Le Baroudeur, lui, n’a pas semblé particulièrement déboussolé. L’expression « frais comme une rose » ne correspondait pas vraiment à notre physionomie à la fin de cette séance mais le moral était à son mieux.
Samedi matin, 8h00, nous nous retrouvons pour la vraie affaire: rouler et avancer sur de l’asphalte. Françoise, la Petite Marathonienne du Haut-Anjou et épouse du Baroudeur, se prépare frileusement à aller courir. Le Baroudeur étrenne son Trek de marque Madone, le Chevalier a une monture Specialised d’à peine un an et moi le Pépère, je suis fidèle à mon vélo de bientôt six ans.
Dans la grande forme du matin, on fait face au vent (détail pour la Fonceuse épicurienne… vent du nord-ouest à 20 km/h) en se dirigeant vers le pont de la route 25. Aussitôt sur la rive nord de la Rivière des Prairies, on tourne à droite, le vent devient un compagnon apprécié, on roule à belle allure vers un autre pont qui nous amène à Terrebonne. Le Baroudeur semble avoir de la difficulté à se tenir près de nous. Son dérailleur avant ne fait pas bien son travail, il ne peut utiliser de gros braquets. Un magasin de vélo aura un visiteur bientôt… La route qui suit la rivière des Mille-Îles est souvent en douce descente et la vue est magnifique (belle piste pour une balade). On revient sur l’Île de Montréal en passant par le pont Legardeur et le boulevard Gouin en direction de l’ouest. Le vent n’a pas vraiment diminué depuis le début et nous roulons dans un tête-à-tête essoufflant. La fin de cette sortie d’une soixantaine de kilomètres est une enfilade de longues montées suivies par une descente tranquille. Nous semblons tous les trois en bonne forme physique et mentale, ça promet pour la suite!
Kilo
C’est un préfixe. Un élément grec qui veut dire mille ou mille fois. Une unité de mesure. Banal. Comment se fait-il que ce tout petit mot de quatre lettres me mette dans cet état, lorsqu’il est jumelé à grammes et qu’il est question de les perdre ou pire, de les prendre? Question à mille (un kilo ?) dollars!!!
Yvan et Marie