Entre Montréal et Trois-Rivières
- J’avais fait cette randonnée l’an dernier, accompagné du Genou de Pointe-aux-Trembles. Ça m’avait grandement rassuré sur ma capacité à réussir le Cyclo-Défi tout en me faisant découvrir une partie du parcours. Dès le début de mon engagement de cette année, je voulais que le Capitaine Haddock à bécane fasse les mêmes constats (et par le fait même le rendre un peu moins grognon!). Après quelques réflexions, la date du 11 juin a été choisie et des invitations faites pour rouler et/ou manger à tous nos supporteurs.
- Depuis janvier, j’ai un bureau d’où je peux voir trois drapeaux. Trois-Rivières se trouve au Nord-est de Montréal et souvent, en été, le vent vient du sud ou du sud-ouest, donc dans le dos du cycliste qui va vers Trois-Rivières ou Québec (Jacques Lavigne, un des supporteurs, a longtemps travaillé à Environnement Canada. Il pourrait commenter cette observation). Depuis quelques jours déjà les drapeaux vont dans l’autre sens!!! Peu importe le nombre de fois que je les regarde, ils sont bien droit…vers la gauche… mauvais signe.
- La météo aussi a l’humeur changeante. En début de semaine, Environnement Canada et Météo Média sont d’accord, il fera beau avec un maximum de 22C. Mercredi, Environnement Canada annonce maintenant un peu de pluie, mais Météo Média reste au beau fixe. Quel malheur pour un fonctionnaire fédéral!
- Entre temps Isabelle, avec qui j’avais participé au Pentathlon des Neiges, m’informe qu’elle veut être de l’épopée avec trois de ses amis. Pour rester dans le monde de la noblesse, se joindront donc à nous :
o La Comtesse de Carignan… Isabelle
o Le Cheminot… son chum Philippe
o La Duchesse Marinoni… Chantal
o Maître Baril (une avocate)… Sophie
- Vendredi, le verdict est tombé et les deux organismes produisant des prévisions de météo se sont remis à s’entendre. Il fera nuageux le matin avec de la pluie en après-midi AVEC UN VENT DE 20KM/H EN PROVENANCE DE L’EST (OUACHE!!!!!). Comme je dois me préparer à tout, je n’hésite pas quand même.
- La Châtelaine Julie craint qu’avec un nouveau vélo et un genou qui l’a déjà fait souffrir dans le passé, elle trouve cette randonnée trop ardue. Elle nous rejoindra au resto.
- Samedi matin, 5h30, il ne pleut pas, le soleil se montre timidement le bout du nez et la cime des arbres penche malheureusement comme prévu vers l’ouest. Le défi de la journée sera davantage de rouler contre le vent que la distance.
- 6h45, le Genou est le premier au point de départ :
- 7h15, on se retrouve au point de rencontre prévu. Nous sommes 7 pour l’instant (une huitième personne se joindra à nous à Berthier). Ce qu’il y a de particulier: personne ne connaît tous les autres, de plus, les gens retiennent plus facilement les surnoms que les vrais prénoms. (Est-ce que j’ai créé un monstre avec tous ces surnoms…). Un gentil monsieur nous prend en photo avant notre départ.

De gauche à droite: Le Genou (maintenant Le Chevalier), Maître Baril, Duchesse Marinoni, Le Cheminot, Comtesse de Carignan, le Pépère et le Capitaine
- On démarre…la température est doucement fraîche et le vent présent mais pas trop actif. On forme une file indienne indisciplinée, le peu de circulation nous permet parfois d’être 2 par 2 et de jaser. De grosses bernaches, au pied du pont Legardeur, sont complètement indifférentes à notre passage.
- Après un certain temps, le Cheminot se glisse en avant. La file devient indienne et file allégrement même contre le vent. J’apprendrai plus tard que Phillipe, le Cheminot, est un fort cycliste qui ne travaille pas seulement à réparer les trains mais qui présentement est une vraie locomotive. Pour la première fois de ma vie, je roule en peloton. Nous roulons maintenant contre le vent à une vitesse d’environ28 km/hsans avoir l’impression de dépenser énormément d’énergie. J’adore.
- Je dois faire quelque chose à propos du Genou. Il ne mérite vraiment plus son surnom. Je l’ennoblis donc : il sera désormais Chevalier de Pointe-aux-Trembles.
- Berthier est notre arrêt de mi-parcours. Comme vous le voyez sur les photos, nous ne semblons pas avoir trop souffert des premiers 56km. Il est 9h45, je suis impressionné par notre vitesse. Même les nuages ont décidé de se tenir loin de nous. J’appelle la blonde/maîtresse pour lui dire que nous devrions arriver entre 12h30 et 13h00.
- La blonde/maîtresse en question se met donc en devoir de laisser tout ce qui avait été entrepris de côté (soit le lavage, un peu de rangement, la lecture de La Presse et le sommeil des deux garçons), empoigne le téléphone, convient avec les sœurs d’un départ vers 11h00 et saute dans la douche, afin d’être pile à l’heure pour voir arriver le peloton des valeureux cyclistes!…
- La deuxième moitié est plus exigeante, le vent s’étant intensifié et soufflant sur nous un peu de biais. Notre progression en peloton est moins efficace dans ces circonstances. La combinaison vent/soleil commence à faire rougir ma peau. J’ai déjà eu une expérience semblable en Hollande (ça se place bien dans une chronique, Lyne C. qui lit ces textes s’en souviendra peut-être). Marie, la blonde/maitresse ne sera pas contente que je n’ais pas mis de crème solaire, mais il n’était pas sensé faire soleil. PFFFFFTTTTT…..
- Le frère de Maître Baril, parti de Trois-Rivières, nous rejoint un peu passé Berthierville. Lui aussi est un bon rouleur, ça nous permet de rouler en 4 rangées serrées de 2 cyclises avec le frère de Maître et le Cheminot en tête.
- Petit arrêt Chez Caillette à Maskinongé. On est un peu moins fringant que tantôt mais il ne reste qu’une quarantaine de kilomètres à partir de ce point. Le Chevalier de Pointe-aux-Trembles tient bien le coup mais il sent que le rythme est élevé pour lui sur une longue distance.
- Je ne sais trop à quelle heure, à Louiseville, on contourne une dizaine de drapeaux qui claquent allégrement. Pour la deuxième fois en deux grandes sorties, il me semble que je sens la route différemment tout à coup. Autre crevaison du pneu arrière; heureusement le Frère est très habile pour m’aider à la réparation. On se croirait à un arrêt au puits en Formule 1. J’ai remis une nouvelle chambre à air en quelques minutes et on repart.
- On forme vraiment une belle équipe de huit. Les plus forts ralentissent le tempo pour que les plus fatigués puissent suivre sans être décrochés. Je me suis trompé dans ma prédiction, nous arrivons au restaurant Grec Jolie-Baie vers 13h30. Si le corps est prêt pour un arrêt prolongé le moral lui est au beau fixe. Les sourires de la photo ne sont pas artificiels.
- On attend la troupe depuis 12h30… Josée (c’est quoi le féminin de Genou? Chevalière) est arrivée plus tard, sans doute plus réaliste! Et… malgré le fait que nous n’ayons pas pédalé pour arriver, on a faim!
- Lors d’un arrêt, le Cheminot explique au Capitaine que pour progresser en cyclisme, il faut parfois se rendre au bout de ses ressources. Le Chevalier m’a semblé tout près de ce point à l’arrivée au stationnement. Quant à moi, j’avais encore un peu de réserve mais c’est sûrement grâce à l’appui du groupe…gros merci.
- Plusieurs parents se sont joints à nous pour la célébration d’usage. Les discussions animées et les rires font partie du menu. À la sortie, les nuages sont omniprésents et il fait un peu froid.
Yvan
P.S. Autre rebaptême, dans la chronique de la semaine dernière, j’avais nommé une amie connue à Épic et qui fera aussi le Cyclo-défi, La Fonceuse de la Rive-Nord. Ne la connaissant que depuis peu mes déductions m’avait fait pensé qu’elle demeurait à Laval (Sherlock Holmes n’aurait pas été fier de moi). Elle sera maintenant connue comme La Fonceuse Épicurienne. Je ne crois pas me tromper cette fois.
- Bravo à vous! Sincèrement, je vous crois prêts à relever le défi! J’aimerais, en ce dimanche 19 juin, vous souhaiter à tous les deux, Yvan et Benoit, une bonne Fête des Pères! Vous contribuez à faire de cette journée bien autre chose qu’une fête commerciale… Mon souhait se dédouble aujourd’hui, puisque c’est aussi l’anniversaire d’Yvan!!! 55 ans… Tu es officiellement plus vieux que moi jusqu’en mars prochain! Bonne fête, mon amoureux!
Marie









